octobre 05

[Mouans-Sartoux 2019] On a testé la lecture musicale

Brigitte Msellati et Philippe Plançon content L’amour plus fort que la mort. © Flavie Thivol

Une voix envoûtante, quelques notes de flûte traversière. Nous voilà transportées au Caire, chez les chiffonniers. A travers les yeux de Sœur Emmanuelle, nous découvrons un monde de misère, au cœur des bidonvilles égyptiens des années 70. Brigitte Msellati est la voix. Philippe Plançon l’accompagne avec ses improvisations orientales. Entre la lecture à voix haute, le théâtre et le concert, la lecture musicale permet de s’immerger dans les écrits de Pierrette Dupoyet : L’amour plus fort que la mort. Le témoignage personnel de celle qui dédia sa vie aux autres. “ Tu me demandes de raconter, mais raconter quoi ? La mort, la puanteur, la saleté ? La détresse des oubliés ? ” D’une voix prenante, Brigitte Msellati s’approprie l’histoire. Un récit historique au cours duquel nous (re)découvrons une femme généreuse, empathique et pleine de sagesse : Sœur Emmanuelle. Pendant environ quarante minutes de lecture, on voit presque apparaître les petits chiffonniers fouiller les poubelles, racler les boîtes de conserve, pour finir par se saouler dans un café miteux. Puis s’en vient les airs de flûte, qui rappellent les contes des Mille et Une Nuits et adoucit ce dur récit.

Si l’interprète a choisi de lire ce texte, c’est parce qu’il représente la fraternité. C’est pour elle un des thèmes principaux du festival, dont l’engagement suit les traces de Sœur Emmanuelle. Des dizaines de personnes étaient venues assister à cette ballade littéraire. Un moment de détente au milieu du brouhaha de la foule. Toutefois, la flûte s’est fait discrète, ce que nous avons trouvé dommage pour une lecture musicale. Les quelques fois où la voix s’accorde au son, la performance est proche du slam. 

Des parenthèses de douceur, il y en aura tout au long du week-end, avec de nombreuses lectures à voix haute. 

Juliette Thoman

Flavie Thivol