Les gaulois soufflent leur 60e bougie

Pour l’anniversaire de la première bande dessinée Astérix, les stations de métro parisiennes sont renommées et décorées à l’image des gaulois. Depuis soixante ans, l’histoire du village résistant se diffuse et perdure dans le monde entier.

Attrapez votre gourde de potion magique et votre glaive avant de rentrer dans le métro parisien. Pour fêter les soixante ans de la première bande dessinée Astérix le Gaulois, des stations ont été renommées à l’image de ces héros. 

Coiffés d’un casque à plumes, des agents de la RATP ont remplacé les noms habituels des arrêts. Si vous étiez dans le métro le 9 octobre, vous avez pu vous arrêter à “Gare de Lugdunum”, “PlacedeClichix”, “Poissonnière” ou encore “Alésia”. En tout, douze stations ont été renommées et décorées de planches de la célèbre BD. L’hommage à l’irréductible village gaulois a aussi été ponctué d’actions telle une distribution de “potion magique” (jus de fruit) à la Gare de Lugdunum.

Un succès planétaire 

La naissance d’Astérix et Obélix date du 29 octobre 1959. A cette époque, jamais Goscinny et Uderzo n’auraient pensé faire naître deux personnages aussi importants. Aujourd’hui traduites dans plus de 110 langues différents, ces bandes dessinées ont été vendues à plus de 380 millions d’exemplaires. Astérix est devenu la BD européenne la plus vendue dans le monde. Cet engouement a ensuite entraîné la création d’un parc dans l’Oise, de jeux de société ou vidéos, de films et de dessins animés. Désormais, les gaulois sont partout.  Dans la vie courante, on se surprend parfois à parler de “potion magique” ou de “village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur”.

Un compagnon pour chaque génération

Que vous ayez 5 ans ou 50 ans, Astérix et Obélix ont très certainement fait partie de votre vie. La bande dessinée ne se démode pas et traverse les générations. Si les gaulois ne quittent pas l’Histoire, c’est en partie grâce aux différents niveaux de lecture et de comique que proposent les auteurs.  René Goscinny n’hésite pas à se moquer subtilement de faits historiques comme dans Le Combat des Chefs qui critique la Seconde Guerre Mondiale. Le scénariste manie également les jeux de mots avec finesse… Parfois… “Ta vie ne tient qu’à un fil, Téléféric”, ou encore “il ne faut jamais parler sèchement à un Numide”. Le comique de répétition est également présent dans de nombreux albums. Les habitués peuvent ainsi rire de chaque destruction de bateau pirates, et à chaque phrases récurrentes comme le célèbre “il est frais mon poisson”. Goscinny rit aussi des stéréotypes, de l’ethnocentrisme, des coutumes régionales… Il caricature les accents, les spécialités, les habitudes. On retrouve régulièrement dans les albums une critique de la séparation des peuples dits “barbares” et “civilisés”. Cet humour si particulier mêlé au crayon d’Uderzo a créé un univers tout entier. Le trente-huitième tome, La fille de Vercingétorix, sortira le 24 octobre. Pour la quatrième fois, c’est Jean-Yves Ferri et Didier Conrad qui feront vivre le village d’irréductibles gaulois.

Lisa Noyal