Réviser en musique : qu’en dit la science ?

Travaille-t-on mieux dans le silence complet, ou sur du Mozart ? (Photo : Julian Reinhart)

Réviser en musique est une pratique courante pour beaucoup d’étudiants, mais l’efficacité du travail peut en être affectée. Des études ont été menées pour déterminer l’effet d’une musique de fond sur le travail, en particulier la musique classique, réputée positive pour la concentration.

Travailler, réviser, effectuer des corvées ; pour beaucoup, ces tâches qui requièrent concentration sont plus agréables en musique. Des étudiants ne révisent pas avant d’avoir allumé une musique de fond. Selon une croyance répandue, réviser en musique classique stimulerait même la mémorisation et la concentration. Qu’en est-il en réalité ? Les études scientifiques sur le sujet ne sont pas aussi simplistes et les liens sont moins évidents.

Silence complet, musique d’ambiance, avec ou sans paroles : à chacun sa méthode de travail. Certains ne branchent leurs écouteurs que s’ils sont dans un environnement bruyant, pour mieux s’en isoler. Pour d’autres, comme Camille, étudiante de 24 ans, la musique est stimulante et nécessaire : « Je choisis bien mes sons pour que ça soit motivant, mais pas en français pour pas que je ne me concentre trop sur les paroles. Je me lance aussi des petits défis : finir une certaine tâche avant la fin de la chanson. » Des études montrent en effet que de la musique avec des paroles diminuait la concentration, et que le travail produit en est de moins bonne qualité.

Sans paroles, la musique classique semble donc être le candidat idéal pour accompagner le travail. Les plateformes de streaming comme Spotify proposent même des playlists « révisions » de morceaux classiques. Du côté des études menées sur le sujet, il reste difficile d’établir une règle définitive. Mais il est néanmoins prouvé que la musique classique détend, diminue la tension, le stress et l’anxiété, surtout si le rythme est régulier et répétitif, et peut même aider à trouver le sommeil en cas d’insomnies. Pour ces raisons, elle peut être une alliée en périodes d’examens.

Un fort lien entre émotions et mémoire

Au-delà du type de musique, nos goûts personnels ont eux aussi une influence. Une étude menée sur des adultes a montré que leur travail était moins bon s’ils éprouvaient une grande affection, ou, au contraire, une forte aversion pour le son qui était joué en même temps. Il s’agit donc de ne pas choisir sa chanson préférée, ni l’extrême opposé, pour préparer un devoir à rendre.

Mais sans tomber dans les extrêmes, une musique qui induit une émotion peut être bénéfique pour apprendre : émotions et mémoire sont très liées. Un son, un goût, une odeur peuvent être l’élément déclencheur qui fait remonter un souvenir auquel ils sont associés, et l’émotion qui a été ressentie à ce moment-là. Une musique qui induit une émotion (qu’elle soit positive ou négative), peut donc aider à mémoriser une leçon, à condition bien sûr qu’elle reste à sa place de musique d’arrière-plan et n’interfère pas avec la concentration. En gardant à l’esprit tous ces éléments, à chacun de composer sa playlist « révisions » idéale, ou de sortir les bouchons d’oreille.

Iman Taouil