novembre 19

Un enfant sur trois est mal nourri dans le monde selon l’Unicef 

L’agence de l’ONU, vient de publier son nouveau rapport annuel, alarmant. 227 millions d’enfants dans le monde sont malnutris, c’est à dire en sous nutrition ou en surpoids.   

« De nombreux pays pensaient avoir relégué la malnutrition au rang des problèmes du passé, mais ils découvrent qu’ils ont un nouveau problème très important », a déclaré Victor Aguayo, chef du programme nutrition de l’Unicef, interrogé par l’AFP. 

Selon le rapport effrayant de l’Unicef publié mardi 15 octobre, « un enfant de moins de 5 ans sur trois ne reçoit pas l’alimentation dont il a besoin pour bien grandir ». C’est à dire que sur les 676 millions d’enfants de moins de 5 ans vivant dans le monde en 2018, un tiers souffraient de malnutrition et la moitié souffraient de carences alimentaires.

Le terme de malnutrition comprend la sous-nutrition (un état de manque important de nourriture caractérisé par un apport alimentaire insuffisant et entraînant des carences nutritionnelles), le surpoids (excès de graisse dans le corps, principalement dû à une alimentation trop riche et une activité physique faible), et les carences alimentaires (déséquilibre entre les apports alimentaires et les besoins). 

149 millions d’enfants en retard de croissance 

La sous-nutrition chez l’enfants reste un enjeu majeur dans le monde. Dans de nombreux pays, notamment en Afrique Subsaharienne et en Asie du Sud, même si le nombre d’enfants qui ne reçoivent pas suffisamment de nourriture (au regard de leurs besoins nutritionnel) a baissé de 40 % entre 1990 et 2005, 149 millions d’enfants dans le monde sont trop petits pour leur âge (retard de croissance en raison d’une malnutrition chronique) et 50 millions sont trop maigres par rapport à leur taille (maigreur liée à une malnutrition aiguë ou à un problème d’absorption des nutriments). 

227 millions d’enfants dans le monde sont malnutris. /DR

La sous-nutrition, avec le retard de croissance ou la maigreur extrême se voit et se repère facilement. Mais il y a aussi la « faim cachée », celle qui ne se voit pas ou moins. Selon l’Unicef, 340 millions d’enfants souffrent de « faim cachée », qui se définit comme un nombre de calories suffisant mais avec un manque de minéraux et de vitamines indispensables au développement (fer, iode, vitamine A et C…). Dans le monde 45 % des enfants de 6 mois à 2 ans ne consomment pas de fruits ou de légumes. Près de 60 % ne mangent pas d’œufs, de produits laitiers, de poisson ni de viande. Ces carences ne se remarquent généralement pas ou se remarque souvent trop tard. Elles peuvent avoir de graves conséquences, tant physiques (système immunitaire déficient, problèmes de vue, d’audition, augmentation du risque d’infection) et intellectuelles (mauvais développement cérébral, problèmes d’apprentissage). 

L’obésité émerge aussi dans les pays pauvres 

Même si la sous-nutrition affecte environ quatre fois plus de jeunes enfants que le surpoids, le fléau de l’obésité touche désormais 40 millions de jeunes enfants. La proportion d’enfants de 5 à 19 ans souffrant de surpoids a doublé entre 2000 et 2016, passant d’un enfant sur 10 à un enfant sur 5. 

Un problème de « riche » qui s’est étendu et qui touche désormais de plus en plus les pays pauvres. En 1990 par exemple, seuls 3 % des pays à faible revenu comptaient plus de 10 % de jeunes enfants en surpoids). Aujourd’hui, les trois quarts d’entre eux doivent désormais y faire face. « Par le passé, on pensait que (…) le surpoids et l’obésité étaient la malnutrition des riches, mais ce n’est plus le cas », a déclaré Victor Aguayo, médecin en santé publique dans Le Monde. Il explique que « les différentes formes de malnutrition coexistent de plus en plus dans le même pays (…) et souvent dans le même foyer ». C’est à dire que dans une même famille, la mère peut être en surpoids et son enfant dénutri. Le médecin explique que cela peut aussi avoir lieu chez un même individu au cours de sa vie, la malnutrition étant un facteur de risque pouvant entrainer le surpoids à l’âge adulte. 

Ce phénomène peut s’expliquer par l’émergence de la restauration rapide, des boissons sucrées, et l’abondance d’aliments transformés, dans les villes comme dans les régions reculées. Le rapport indique que « la prévalence du surpoids est deux fois plus élevée dans les régions les plus pauvres que dans les régions les plus riches. »

Le réchauffement climatique en parti responsable 

Les catastrophes climatiques sont en grande partie responsable des plus importantes crises alimentaires. La sécheresse, par exemple, est responsable de 80 % des dommages et des pertes du secteur agricole. Un problème qui inquiète, au vu des prévisions du réchauffement climatique. Selon le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), en 2100 la concentration en CO2 aura doublé par rapport à l’ère pré-industrielle pour s’élever à 560 ppm et a température de la Terre aura augmenté de 3°C.

Dans un communiqué, Henrietta Fore, directrice générale de l’UNIEF, explique que malgré toutes les évolutions faites au niveau de la technologie, de la culture et du social, l’essentiel a été oublié : « des millions d’enfants ont une mauvaise alimentation pour la simple raison qu’ils n’ont pas d’autre choix. Le regard que nous portons sur la malnutrition et la manière dont nous traitons ce problème doivent évoluer : l’enjeu n’est pas tant de donner aux enfants suffisamment de nourriture, mais de leur donner les bons aliments. »

Monnoyeur Clara