novembre 27

Collision entre deux hélicoptères : 13 héros y ont laissé la vie

Lundi soir, au Mali, 13 militaires de l’opération Barkhane sont morts dans une collision d’hélicoptères. L’Elysée a annoncé la nouvelle ce mardi, précisant que l’incident a eu lieu lors d’un combat contre djihadistes.

Les 13 militaires décédés au Mali faisaient partis de l’opération Barkhane
©Service d’Information et de Relations Publiques de l’armée de Terre

Pau, Gap, Varces, Saint-Christol. Les 13 militaires morts pour la France, y étaient originaires. L’Elysée a annoncé ce matin leurs décès lors d’une opération au Mali. Ils combattaient contre des djihadistes, dans la région du Liptako, frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. C’est une zone habituelle pour ces militaires, qui y mènent des actions contre le groupe armé Etat Islamique Grand Sahara.

Plus lourde perte depuis 1983

Depuis 2014, l’opération Barkhane vise à lutter contre les salafistes djihadistes. Elle est menée dans toute la région du Sahel et au Sahara. Barkhane a lieu en partenariat avec les cinq pays de la zone sahélo-saharienne. Soit la Mauritanie, le Mali, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger.

Ce lundi soir, ce sont deux hélicoptères qui sont entrés en collision, un Cougar et un Tigre. Le général François Lecointre, chef d’état-major des Armées, a expliqué que « des commandos parachutistes avaient observé, lundi vers 17h15, un groupe d’ennemis équipé d’un pick-up et de plusieurs motos. » Après avoir localisé le groupe armé, des commandos de terre de Barkhane ont ouvert le feu. Puis ils ont demandé un renfort aérien, avec des Mirages 2000 et les deux hélicoptères en question. Florence Parly, ministre des armées a ajouté que l’incident a eu lieu dans « des conditions opérationnelles extrêmes, dans une nuit noire ou les hélicoptères volaient tous feux éteints. »

Depuis 2013, 38 soldats ont laissé leurs vies au Mali. L’accident de lundi soir est la plus lourde perte de l’armée française depuis 1983.

L’opération Barkhane mène des actions dans la région du Liptako, où s’est déroulé l’incident.
©Infographie Le Parisien

Qui étaient-ils ?

Il y avait 7 soldats du 5ème régiment d’hélicoptères de combat de Pau, 4 du 4ème régiment de chasseurs de Gap, 1 du 93ème régiment d’artillerie de montagne de Varces et 1 du 2ème régiment étranger de génie de Saint-Christol. Ils s’appelaient Jérémy Leusie, Valentin Duval, Antoine Serre, Alexandre Protin, Romain Chomel de Jarnieu, Romain Salles-de-Saint-Paul, Julien Carette, Pierre Bockel, Alex Morisse, Clément Frisonroche, Benjamin Gireud, Nicolas Mégard et Andreï Jouk. Ils étaient sergent-chef, capitaine, lieutenant, brigadier-chef, maréchal des logis, maréchal des logis-chef ou encore adjudant-chef. Ils étaient père, ou allaient l’être. Ils étaient mariés, pacsés, ou célibataires. Ils ont tous servis la France, au détriment de leurs vies.

« Ils nous manquent déjà », déclare Pierre-Joseph Givre, commandant la 27ème Brigade d’infanterie de montagne.

Hommages et remerciements

De nombreuses personnalités, notamment politiques, ont réagi sur les réseaux sociaux à cette nouvelle. Emmanuel Macron a ainsi écrit sur Twitter : « Treize de nos militaires sont morts hier au Mali. Ils étaient engagés dans une opération de combat contre des terroristes. Ces treize héros n’avaient qu’un seul but : nous protéger. Je m’incline devant la douleur de leurs proches et de leurs camarades. » Quant à Edouard Philippe, il s’est lui aussi exprimé sur le réseau social : « Treize des nôtres sont morts dans leur mission contre les terroristes islamistes au Sahel. Je pense à leurs familles, à leurs proches, à leurs frères d’armes. À ces héros tombés pour leur pays, nous devons tous notre infinie gratitude ». L’Assemblée Nationale a respecté une minute de silence en ouverture de séance, cette après-midi. De nombreux rassemblements ont eu lieu ce soir à Pau, Gap, Varces et Saint-Christol, pour rendre hommages et remercier « [ces] frères d’armes » morts au combat pour la France.

Un hommage national aux Invalides sera rendu aux 13 militaires dans les prochains jours. « Je sais que la nation toute entière sera soudée », a déclaré Florence Parly.

Lauryne GUIGNARD