FOOTBALL : Les joueuses australiennes obtiennent l’égalité salariale

La Fédération Australienne de football a signé un accord historique pour que les joueuses de l’équipe nationale soient payées comme leurs homologues masculins.

Les Matildas célèbrent derrière Sam Kerr, buteuse contre l’Italie lors de la phase de groupes de la Coupe du Monde 2019 (Crédits : Wikimedia Commons)

Ce mercredi 6 novembre, la Fédération Australienne de Football (FFA) annonce la signature d’un accord historique. Les « Matildas », surnom donné aux joueuses de la sélection nationale australienne, seront payés autant que les « Socceroos », leurs collègues masculins. De plus, leurs déplacements vers les stades à l’étranger se feront en classe affaires, comme il est déjà l’usage pour les hommes.

Le Président des footballeurs professionnels australiens, John Didulica a qualifié cet accord d’ « unique » dans le monde du football. « Nous pensons qu’il servira d’exemple à toutes les fédérations et leur permettra de profiter de l’incroyable opportunité sociale et commerciale que représente notamment le football féminin ».

Les recettes partagées équitablement

Dans les faits, l’accord stipule que 24 % des recettes générées par les deux équipes nationales seront donc partagées équitablement entre les sélections masculines et féminines. Ce qui signifie qu’une joueuse australienne sélectionnée en équipe nationale A percevra autant d’argent de la part de la fédération qu’un homologue masculin sur une année civile pour avoir représenté son pays sur la scène internationale.

Pour l’instant les Socceroos sont payés « à la pige », c’est-à-dire selon leurs matchs joués ou leurs simples sélections avec l’équipe nationale pour des camps d’entraînement. Les Matildas bénéficient quant à elles de contrats qui leur garantissent un salaire fixe, quelles que soient leurs apparitions sous le maillot australien. Le nouveau système leur permettra indéniablement d’augmenter leurs salaires mais aussi d’améliorer leurs conditions d’entraînement.

« Un grand pas en avant »

Alanna Kennedy, défenseure centrale des Matildas se réjouit d’un « grand pas en avant ». « Pour nous, femmes, c’est toujours bien quand on est vu et soutenu » a -t-elle réagit auprès de News Corp Australia. Il est à souligner que l’Australie est une des nations majeures du football féminin, ayant atteint les huitièmes de finales de la Coupe du Monde et figurant à la 8e place du classement FIFA quand les hommes ne pointent qu’à la 44e place.

Le sport australien n’en est pas à son coup d’essai en matière de mesures fortes pour l’égalité salariale. Selon l’AFP, les joueuses de cricket et de netball (variante de basket et premier sport féminin en Australie) ont aussi obtenu des hausses de salaires ces dernières années.

Un flou sur les « prize-money »

Cependant, les hommes continueront sûrement de gagner plus en raison de « prize money » (récompense financière reçue à l’issue d’une compétition) bien plus élevées. La somme totale des prize money de la Coupe du Monde féminine de cette année s’élève aux alentours de 27 millions d’euros. Bien loin de la cagnotte de 363 millions d’euros de son équivalent masculin de 2018 en Russie. Certaines compétitions reversent les prize-money aux fédérations, ce qui pourrait éventuellement rentrer dans le cadre du partage de l’accord australien, mais ce cas n’est pas évoqué clairement.

Cet accord est dans tous les cas historique et emblématique pour l’égalité salariale entre hommes et femmes dans le sport. Difficile à atteindre de par les différences de revenus générés entre les disciplines masculines et féminines, en particulier dans le football.

Etienne Le Van Ky