décembre 04

Fusillade à Santa Clarita, le débat sur les armes à feu continue aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, une nouvelle fusillade s’est déroulée, vendredi 15 novembre, dans un lycée de Santa Clarita, en Californie. Alors que le Sénat débattait de la législation sur les armes à feu, un adolescent a ouvert le feu dans la cour de l’établissement. Selon un bilan provisoire, déjà deux morts sont à déplorer et l’auteur présumé des tirs, interpellé.

Il est 7h30 du matin, à Santa Clarita, dans le lycée Saugus, lorsqu’un adolescent ouvre le feu. Il a sorti une arme semi-automatique, et tiré sur cinq camarades, les blessant grièvement. Ce jeune, dont il était le 16ème anniversaire, a retourné l’arme contre lui mais n’a pas réussi son tir. Les ambulances sont arrivées rapidement sur les lieux pour prendre en charge les premiers blessés. Deux des accidentés ont succombés à leurs blessures, à l’hôpital. Le tireur présumé a été retrouvé parmi les blessés graves, mais la raison de son acte reste encore inconnue. Amber Miller, une des élèves du lycée raconte: « on a utilisé nos pupitres et pris de grandes tables pour barricader la porte, beaucoup ont pris des ciseaux pour être prêts si on devait se défendre.” Elle estime: « Je ne devrais pas me rendre à l’école et craindre pour ma vie, je ne suis pas une cible, et malheureusement c’est l’Amérique de Trump”.

Un débat sans fin

Alors même que le drame se produisait, le Sénat à Washington était justement en train de débattre d’un éventuel durcissement sur la législation des armes à feu (voir le graphique ci-dessous). C’est le sénateur démocrate Richard Blumenthal qui avait la parole : « Comment pouvons-nous regarder ailleurs ? Comment pouvons-nous refuser de voir que cette fusillade, qui se déroule en ce moment même, exige que nous agissions ? ». La Californie est pourtant un État exemplaire en matière de restriction des armes à feux avec un taux de décès de 7,9 % contre 11,8 % au niveau national (chiffres de 2016). Les fidèles du second amendement et de la National Rifle Association (NRA) argumentent alors qu’aucune des lois, aussi restrictives soit elles, proposées par les démocrates n’aurait pu arrêter la fusillade de Santa Clarita. La coprésidente d’une des antennes locales de l’organisation Brady Campaign, qui lutte contre la violence armée, Loren Liebco riposte alors : “Le problème ne vient pas de nos lois en Californie, mais du fait que nous sommes entourés d’autres États qui n’adoptent pas, comme nous, de législations plus restrictives ”. La maison blanche est restée muette sur les évènements de Santa Clarita, mais le président Donald Trump a quand même tweeté quelques heures après les faits: “Nous adressons nos plus sincères condoléances aux familles et aux amis des personnes tragiquement disparues, et nous prions pour le prompt rétablissement des blessés.”

En Australie, les résultats positifs du renforcement de la législation des armes

Le lien entre législation sur les armes et les violences par armes à feu a pourtant été prouvé par de nombreux travaux. Par exemple, en Australie, d’après une étude menée par Simon Chapman, Philip Alpers et Michael Jones, le durcissement des lois concernant les armes à feux aurait fait baisser le nombre de morts par fusillade. Suite au bannissement les fusils semi-automatiques et les fusils à pompe en 1996, le taux moyen de décès par arme à feux est passé de 3,6 à 1,2 par 100 000 habitants (voir le graphique ci-dessous). Au cours des 18 années qui ont précédé la réforme, 13 fusillades de masse ont eu lieu alors qu’aucune n’a eu lieu dans les 20 années qui ont suivis l’interdiction.

Les évènements de Santa Clarita marquent la 18ème fusillade dans un établissement scolaire ainsi que la 366ème tuerie de masse de cette année 2019.

Jeanne Gandy et Lauryne Guignard