Incendies en Australie : les koalas menacés

Depuis le début du mois de novembre, les incendies ravagent les territoires du sud-est de l’Australie et plus particulièrement la Nouvelle-Galles du Sud. Des images de la ville de Sydney plongée sous un épais brouillard toxique ont d’ailleurs fait le tour du monde. Mais d’autres images ne cessent également de toucher les internautes. Il s’agît de vidéos de koalas, les animaux emblématiques de l’Australie, qui sont sauvés par des habitants. Beaucoup ont déjà périt, dans les flammes ou euthanasiés car blessés trop gravement. Mais risquent-t-ils de disparaître ?

La vidéo a fait le tour du monde : mi-novembre, un koala, appelé Lewis a été sauvé des flammes par une australienne. Transporté dans la foulée dans la clinique de Port Macquarie en Nouvelle-Galles du Sud, le marsupial a été euthanasié, mardi 26 novembre. Les vétérinaires ont expliqué vouloir mettre un terme aux souffrances de l’animal, qui souffrait de nombreuses brulures graves. Depuis le début des incendies, environ 350 koalas auraient déjà perdu la vie, avec des incendies qui ont déjà dévasté 1,6 hectares de forêt.

Peu de chance de survie

Jusqu’à présent, la plupart des koalas retrouvé par les sauveteurs où les habitants n’ont pas été chanceux. En effet, dans à peu près neuf cas sur dix, les marsupiaux doivent être euthanasiés, comme Lewis, car leurs chances de survies sont trop minces et leurs blessures trop graves. La raison est tout simplement leur instinct. En effet, comme la plupart des animaux de leur espèce, les koalas ont pour reflexe de partir se réfugier dans le haut des arbres, ce qui les bloques et les empêchent de s’enfuir. Beaucoup se retrouvent alors brûlés ou asphyxiés. Une organisation, The Rescue Collective, qui s’occupe de sauver le maximum de koalas, estime de son côté que seulement 20% des animaux secourus ont survécu.

Une espèce « fonctionnellement éteinte »

En mai dernier, c’est Deborah Tabart, une australienne appelée « madame koala » dans son pays qui tirait la sonnette d’alarme. La présidente de la fondation australienne des koalas avait en effet annoncé que les koalas sont désormais « une espèce fonctionnellement éteinte ». Si ce terme peut faire peur, il faut savoir que les koalas ne sont pas encore à rayer de la liste des animaux vivant sur la planète. Cela définit en réalité une espèce qui ne croît plus d’une génération à l’autre, du fait de leur faible nombre d’individu initial et de leur isolement dans certaines zones. Si l’on en croît donc Deborah Tabart, les koalas ne survivraient pas au-delà de trois générations. S’ils étaient encore près de 10 millions il y a 200 ans, ils ne sont plus que 80 000 à l’heure actuelle, et auraient même totalement disparu de 41 des 128 zones qu’ils occupaient jusqu’à présent. Entre le réchauffement climatique, qui entraîne la sécheresse, mais aussi l’étalement urbain, l’habitat des koalas ne cesse de diminuer et de se détériorer. La présidente de la fondation australienne des koalas en appelle à l’aide du gouvernement, qui « n’a rien écrit pour les koalas au cours des six dernières années ». Les incendies actuels ne sont donc pas près de faire disparaître à eux-seul les koalas, mais n’aident en rien les marsupiaux, qui pourraient prochainement passer d’une espèce fonctionnellement éteinte à une espèce en voie d’extinction dans les prochaines années.

Quentin Ruda