Quand les enfants rencontrent un écrivain…

« Pourquoi avoir voulu être écrivain ? », s’interroge Caroline, une élève de CM2 de l’école des Baumettes à Nice. Pendant 45 minutes, Eli Anderson, un auteur de polars et de romans jeunesses, prend la place de la maitresse pour répondre aux questions de la classe. Invité dans le cadre du dispositif « Lecture pour tous » de la mairie de la ville, l’écrivain a rencontré les enfants le lundi 25 novembre pour dépoussiérer la vision de son métier. 

Entourés d’enfants, Eli Anderson « adore partager (sa) passion ».  Crédit photo : J. B. 

À 9 heures 15, le moment tant attendu arrive enfin : Eli Anderson fait son apparition devant le tableau vert. Les tables de multiplication qu’ils révisaient sont vite oubliées. Au début, les élèves de CM2 sont timides. Ils sont impressionnés de, comme le dit Clara, « rencontrer en vrai le Papa d’Oscar Pill », la série de romans fantastiques phares – et dont les droits viennent d’être achetés par la Warner Bross – d’Eli Anderson qu’ils ont étudié avec leur maitresse. Pour les détendre, l’écrivain mise sur une présentation humoristique. « Je suis donc Eli Anderson.  Je suis très content d’être là car d’habitude je reste chez moi en pyjama à me gratter la fesse. » Fou rire général. La maîtresse rappelle qu’ils ont « une surprise » à donner leur invité : un acrostiche avec les lettres de son prénom. « Vous êtes de vrais artistes !», s’exclame-t-il.

« L’écrivain est contemporain »

Une fois les enfants en confiance, la rencontre peut commencer. Les questions s’enchaînent : « Comment on trouve les idées pour écrire un livre ? », « Vous avez commencé à écrire à quel âge ? » « Vous avez écrit combien de livres ? » « Combien de temps pour écrire un livre ? » … Autant d’interrogations autour du métier d’écrivain souvent mal connu par les plus jeunes. « Beaucoup d’enfants pensent qu’un écrivain c’est quelque chose qui est mort. Avec ses rencontres, on veut leur montrer, qu’au contraire, l’écrivain est quelqu’un de contemporain », explique Natacha Rollé, collaboratrice pour la lutte contre l’illettrisme à la mairie de Nice et qui accompagne l’écrivain lors de ses trois jours d’ateliers.

L’humour comme vecteur 

Pour atteindre cet objectif, Eli Anderson répond aux questions avec humour. Il explique être devenu écrivain suite à un déménagement à Marseille : « Je ne connaissais personne mais je suis très bavard. J’avais beaucoup de choses à dire mais comme je ne pouvais pas parler, j’écrivais ! » Aussi, il aborde son rapport à l’écriture. « Je mets environ un an à écrire un livre. Mais j’ai une façon d’écrire très particulière. Chaque personnage et chapitre à son propre tableau avec les messages à délivrer. Et si je n’ai pas tout devant moi, je fais des crises ! » La maîtresse vient interrompre l’échange : « Les enfants, on nous attend au gymnase ! »  Ils se ruent tous vers Eli Anderson munis d’un petit cahier ou d’un exemplaire du roman. Chacun leur tour, ils attendent « leur signature ». Une fois les élèves partis, Eli Anderson confie que ses meilleurs moments d’écrivains sont « quand (il) rencontre les jeunes. J’adore partager ma passion… » Puis, il part à la rencontre d’une nouvelle classe… 

Jennifer Beghin