février 15

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À la recherche d’une définition du consentement

Cette semaine, nous avons consacré trois jours à la production d’une mini-série sur la définition du consentement. Un terme récent, qui s’insère dans une problématique plus large : celle des violences faites aux femmes.

L’idée du sujet nous est venu car on entend beaucoup parler des violences faites aux femmes. Depuis la vague #MeToo et #BalanceTonPorc, la place de la femme dans la société est un sujet majeur dans l’actualité. Les violences prennent différentes formes. Cela peut aller du harcèlement de rue jusqu’au féminicide, en passant par le viol. C’est justement dans la question du viol que s’intègre le consentement. Un terme sans définition propre. 

La définition des étudiants

Nous avons commencé nos recherches sur les femmes victimes de viol en France. Il s’élève à 91 000. Un chiffre qui ne diminue pas malgré la prise de conscience de ces dernières années. Nous avons ensuite posé la question à quelques étudiants : « Qu’est-ce que le consentement ? ». Leurs réponses étaient similaires. Le consentement pour eux est le fait de s’assurer que la personne avec qui on a un rapport sexuel est bien consciente et d’accord avec les actes qui vont suivre. Nous leur avons aussi demandé comment améliorer la prise de conscience sur cette question. Encore une fois, ils étaient unanimes : cela passe par l’éducation et la sensibilisation. Cette question apparaissait taboue. Ils semblaient gênés de parler de sexualité face à la caméra. 

Celles qui viennent en aide aux femmes

Nous avons ensuite rencontré Carine Raimondeau, la responsable du service Parenthèse qui vient en aide aux femmes battues dans les Alpes-Maritimes. Pour elle, la question du consentement est importante au sein du couple. Mais les femmes qu’elle rencontre n’en ont pas toutes conscience. Certaines se laissent violer pour que leur conjoint les laisse tranquille. C’était une interview poignante et dure, qui nous a fait réaliser l’ampleur des violences faites aux femmes, mais aussi de l’importance de la question du consentement au sein du couple. Selon Carine Raimondeau, certaines femmes croient encore au devoir conjugal, au fait de devoir se laisser abuser pour satisfaire leur mari. Nous sommes ressortis de cet entretient un peu désemparés. Bien que nous avons conscience des violences que subissent les femmes, il reste dur d’entendre les histoires de certaines d’entre elles. 

L’éducation

Ce qui ressort de cette mini-série est que la question du consentement n’est pas encore bien prise en compte par la société. Seulement les plus jeunes, les personnalités féministes (qui ne sont pas forcément des femmes) semblent en avoir conscience. La solution est l’éducation. Cela passe par des vidéos pédagogiques sur internet ou des ateliers de sensibilisation comme réalisé Carine Raimondeau dans des collèges et lycées. Pendant ce temps, le nombre de femmes victimes de viols ne diminue pas. Il pourrait même être bien plus important qu’on ne le pense. Certaines femmes ne réalisent pas qu’elles sont victimes de viol, notamment au sein du couple. 

Mathieu Obringer