mars 05

[L’Etiquette] LE SAMU SOCIAL CANNOIS : un acteur majeur dans l’aide aux sans abris

À Cannes le Samu Social lance des initiatives pour aider les SDS (sans domicile stable) à passer l’hiver

“Les personnes sans domicile stable ont besoin de lien social”

Dans le local du Samu Social de Cannes un homme remplit deux gros conteneurs d’eau chaude. Cette eau servira à la distribution de cafés, de soupes ou encore de chocolats chauds aux personnes sans abris. Cette tournée est appelée une maraude. C’est une des actions essentielles des bénévoles du Samu Social. Xavier, bénévole depuis 5 ans, explique le fonctionnement de cette tournée. “Ça commence d’abord par le tour des boulangeries” de 18h30 à 20h30 le camion du Samu s’arrête devant les boulangeries bénévoles. Ce sont deux boulangeries à Cannes-La-Bocca et une dans Cannes même. Ces établissements offrent tous leurs invendus du jour à l’organisation non gouvernementale qui redistribue les viennoiseries et pains aux SDS. Ensuite place à la distribution. De 20h30 à 00h30 les bénévoles s’arrêtent à des points fixes : la mairie annexe de Cannes-La-Bocca, le pont des Gabres et Palm Beach. “Les sans-abris connaissent ces points à force de nous y voir” confie Xavier “90-95% d’entre eux ont des téléphones portables et ils appellent pour que le Samu Social aillent les voir à un endroit précis.”

Dans cette distribution il peut y avoir aussi des couvertures, des sacs de couchage ainsi que les éventuels dons.

Les bénévoles sont des personnes sans réel diplômes de secouristes, seul leur majorité est requise. Ils n’ont pas le droit d’effectuer des premiers secours, en cas de besoin, ils se dirigent vers les pompiers ou mettent les SDS “en relation avec les foyers et centres d’accueils de nuit”. Le Samu Social est toujours en recherche de bénévoles. Faute de quoi, ils sont obligés d’arrêter la maraude le samedi en période hivernal. Après mars c’est deux fois par semaine que les bénévoles rendent visite aux SDS. “La première chose que les SDS demandent c’est un lien social” affirme le bénévole du Samu Social « car ils se sentent exclus ». La recherche d’un échange est donc primordial.

En tout ce sont une vingtaine de bénévoles de nuit qui se rassemblent par groupe de deux ou trois, cinq jours par semaine. Dans l’équipe de jour il y a seulement un salarié du Samu Social. Tout ou presque repose donc sur les bénévoles et les dons

Initiatives citoyennes et alternatives

Pour tenter de pallier au manque considérable de logements, des alternatives ont été mises en œuvre par les citoyens et associations. En ce début d’année 2020, à Cannes, les collégiens, lycéens et la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) ont remis des dons au Samu Social. Vêtements, produits d’hygiène ou encore des sacs de couchage soit l’équivalent d’un camion rempli qui permettront aux sans-abris de vivre. Un lycéen témoigne : “il y a un bac devant la vie scolaire où on l’on peut mettre des affaires chaudes”. Cet engagement des plus jeunes a été organisé par le coordinateur jeunesse Nabil Khelil et soutenu par le maire de Cannes David Lisnard qui dit lutter pour « la protection et l’inclusion de tous les Cannois ».

« Nous avions bien spécifié que nous ne voulions pas d’argent » explique Christophe Visentin directeur du Samu Social de Cannes. Le but est donc de fournir des affaires de première nécessité pour passer l’hiver.Le Samu social est un service d’urgence pour les plus démunis et dans ce cas précis, il vient en aide aux personnes sans domicile stable (SDS). Cette nouvelle appellation est apparu il y a 3 ans. Le but du Samu social est de “secourir selon la philosophie de la Déclaration universelle des droits de l’Homme en réaffirmant les principes de Liberté, d’Egalité, de Fraternité et de Solidarité”. Le numéro 115 établit une ligne direct avec ce service.

Le Gouvernement français tente d’apporter des réponses et des solutions face au défi du relogement.

« L’année 2019 est ponctuée de sombres records: 2,113 millions de ménages inscrits sur les listes d’attente pour un logement social fin 2018, soit 2 % de plus que l’année précédente ; 15 993 ménages expulsés de leur logement en 2018, avec le concours de la force publique, soit 4,2 % de plus qu’en 2017 ”. Selon Manuel Domergue, chargé d’études à la Fondation Abbé-Pierre. Malgré les efforts déployés par le gouvernement et la volonté du chef de l’Etat Emmanuel Macron qui, en juillet 2017, déclarait : “ La première bataille : loger tout le monde dignement. (…) D’ici la fin de l’année, je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois.” la France reste en échec face aux personnes sans-abri.

En septembre de la même année, le président de la République lançait le plan quinquennal « Logement d’abord », censé accélérer les sorties de centre d’hébergement. Ce programme prévoit la création de 30 000 logements très sociaux par an, de 10 000 places en pensions de famille d’ici à 2022, et de 40 000 places dans le parc privé grâce au dispositif d’intermédiation locative où une association est signataire du bail ou se porte garante. Enfin, le budget 2019 pour la résorption des bidonvilles a été doublé, passant de 4 millions d’euros à 8 millions d’euros.

Le Samu social de Cannes suit donc la lancée émise par le gouvernement en faveur de l’aide au SDS et à leur accompagnement pour retrouver un logement. Les résultats ne sont certainement pas encore visibles et les associations doivent encore donner de leur temps pour aider cette partie de la population française en marge.

Elodie Radenac, Mélie Lavaud

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