mars 17

Le Haut Conseil Egalité sort son rapport : la parité n’est pas gagnée

Lundi 2 mars le Haut Conseil Egalité entre les hommes et les femmes à sortit son rapport face au sexisme 

(crédit : Claire Guiraud

Face aux élections municipales, qui auront lieu dans deux semaines, le Haut Conseil égalité entre les hommes et les femmes (HCE) ont publié leurs chiffres. Ce Haut Conseil est une instance consultative indépendante française. Leur résultat est loin d’indiquer une parité puisque 84 % des maires de France sont des hommes et 92 % des présidents d’intercommunalités aussi.

Les femmes, victimes majoritaires

Cet état des lieux face au sexisme a été présenté lundi 2 mars, principalement axé sur le sexisme envers les femmes. Les victimes d’actes sexistes sont majoritairement les femmes à 87 %, et les auteurs, des hommes à 91 % selon des chiffres parus dans la même étude. Il y est montré pour la deuxième année consécutive ce qu’il en est vraiment de la parité entre les sexes. . Ce constat, recueilli dans presque 150 pages, rappelle dans son préambule la définition du sexisme. « Le sexisme est à la fois une idéologie qui repose sur l’infériorité d’un sexe par rapport à l’autre, mais aussi un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques, plaisanteries, etc.) aux plus graves (viols, meurtres), qui ont pour objet de délégitimer, stigmatiser humilier ou violenter les femmes et entraînent pour elles des effets en termes d’estime de soi, de santé psychique et physique et de modification de comportements. » Ce rapport se recentre plus spécifiquement sur trois domaines : le milieu de la télévision, de la politique ou encore au sein des entreprises.

Une législation défaillante

Malgré les nombreuses lois rentrées en vigueur en faveur de la parité, il reste des failles. Les communes de moins de 1 000 habitants ne sont pas soumises à ces règles. Il en est de même pour les postes de vice-présidences au Sénat et à l’Assemblée nationale. Le HCE propose dans son rapport annuel des solutions comme par exemple la création de « Binômes paritaires de co-rapporteur et co-rapporteuse d’un projet de loi ». 

Lorsqu’une femme accède à un poste haut placé ou de premier plan, le HCE montre dans son rapport qu’elles subissent une forme d’exclusion face à « l’entre-soi masculin ». Un phénomène que la sociologue Françoise Gaspard nomme le « fatriacart ». Toujours selon le Haut Conseil Egalité, les femmes ressentent « un grand sentiment de solitude ». Ce sentiment d’illégitimité pousse les femmes politiques à renoncer aux postes à haute responsabilité. Ce qui risque de se faire remarquer une fois de plus aux élections municipales.  

Mélie Lavaud