mars 19

Le niveau de détail dans le viseur du film 1917

Le film de guerre oscarisé 1917 (sorti le 15 janvier 2020) du réalisateur Britannique Sam Mendes a impressionné par sa qualité technique. Il invite le spectateur à se plonger dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale, aux côtés de deux soldats Britannique.


Sam Mendes dirigeant les acteurs Georges MacKay et Dean-Charles Chapman en plein décor du film 1917. (Photo LCI)

Le long métrage récompensé

Trois statuettes en or et 7 lauréats. Au niveau technique, le long-métrage a été distingué à la cérémonie des oscars le 9 février 2020. Meilleur son, meilleure photographie et meilleurs effets visuels. À la cérémonie des BAFTA (British Academy Film Awards) le 2 février 2020, le film en sort grand vainqueur. Il a (encore) brillé pour le travail technique (meilleur décor, meilleur son, photographie et effets visuels) ; mais aussi pour sa musique (meilleure musique de film). Sam Mendes se voit recevoir le lauréat du meilleur réalisateur. Son film est nommé meilleur film en plus d’être meilleur film britannique.

Filmer la réalité des tranchées

La boue, les rats, les cadavres en putréfaction. Un décor apparent à un tableau d’Otto Dix s’impose au spectateur. Pour le réalisateur, le défi était de s’approprier pleinement l’environnement du film pour l’utiliser à son avantage : « Nous avons dû faire en sorte que la caméra fasse tout ce qu’on voulait, mais sans effort apparent ».

Le spectateur s’attarde sur des détails macabres qui sont devenus le quotidien des soldats de la Grande guerre. Le choix du plan-séquence permet au public d’être proche des personnages, de voir leurs émotions tout en s’attardant sur l’environnement autour d’eux. « La raison de tout ce défi technique, c’était que je voulais que le public puisse se connecter émotionnellement aux personnages principaux et rester toujours à leurs côtés, avoir l’impression de passer chaque moment avec eux, de marcher avec eux » (interview site La Presse).

Suivre le périple des deux personnages (Schofield et Blake) ayant pour mission de délivrer un message important au-delà des lignes ennemies, permet d’en apprendre un peu plus sur ce qu’était le quotidien des soldats de la Première Guerre Mondiale.

 

Des conditions de vie retranscrites

Dès le début, on remarque que les déplacements des soldats sont éprouvants, avec un « barda » (équipement complet du fantassin) d’une trentaine de kilos environ (selon le musée de « Somme 1916 »). Ils se débattent avec la boue pour ne pas glisser, rendant chaque pas très éprouvant. À cela s’ajoute le casque MK1 Brodie de 0,9kg connu pour sa forme plate et le fusil Lee-Enfield pesant 4,2 kg. L’équipement britannique faisait partie des plus complets de la Première Guerre Mondiale. 

Schofield et Blake sont impuissants face à la violence qu’ils subissent. Projetés par les explosions, ils sont à la merci des rats, salis constamment par la boue devenue leurs secondes peaux.  On voit que les soldats ne maîtrisent pas leurs environnements, ils doivent s’y adapter et puiser dans leurs ressources psychologiques pour éviter la mort, omniprésente.

On remarque que les besoins les plus simples de l’Homme sont mis à mal. Trouver de l’eau, de la nourriture, se laver, reposer le corps et l’esprit. Impossible sur le front. Le « rata » (ravitaillement) peine à arriver, les rations sont faibles (excepté après les assauts où l’on prend en plus la ration des morts). Le sommeil est difficile à trouver dans les tranchées. Pour cause ? Une pression psychologique permanente (la faim, la soif, la peur de mourir…) des tâches harassantes à réaliser souvent sous une pluie glaçante, des conditions de vie inhumaines (absence d’hygiène, froid, bruit constant…) et bien d’autres causes.

Les équipes du film réussissent à retranscrire tous ces détails en 1h59. Au-delà d’une histoire à raconter, le long-métrage, par sa qualité, pousse le spectateur à en savoir plus sur la vie de ces hommes ayant combattu dans les tranchées.

Jalil Benferhat-Caste