mars 22

Covid-19, comment la chine utilise l’intelligence artificielle et les robots pour collecter des données sanitaires sur ses citoyens

Avec le virus Covid-19, la chine a déployé de nombreux robots pour lutter contre l’épidémie, des mesures nécessaires mais controversés par une partie de la population.

Citoyen chinois utilisant un drone pulvérisant du désinfectant sur un village de Pingdingshan. STR / AFP

La Chine, foyer principal de l’épidémie

Le virus du Covid-19 a déjà infecté 80 695 personnes et causé 3 097 morts en Chine. Le président chinois Xi Jinping a demandé de l’aide de la part du secteur technologique pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. La chine a donc déployé une myriade de robots totalement opérationnels et dotés d’intelligence artificielle. Les nouvelles technologies comme les thermomètres infrarouges sont de plus en plus courantes en chine où les agents de sécurité et de santé vérifient régulièrement la température des habitants. Pendant ce temps, les robots facilitent les interactions avec les patients malades et leur traitement. Des technologies de surveillance comme des drones ou des cameras équipées de reconnaissance faciale aident également à trouver des personnes infectées ou qui ne portent pas de masque.  Dans l’ombre, moins visibles, des technologies plus futuristes propulsées par l’intelligence artificielle aide à identifier les symptômes des coronavirus, à trouver de nouveaux traitements et à suivre la propagation du virus. Alibaba, le géant chinois du commerce électronique, affirme que son nouveau système de diagnostic basé sur l’Intelligence artificielle peut identifier les infectés avec une précision de 96%.

Des technologies intelligentes dans des villes désertes  

Dans plusieurs autres provinces chinoises, des drones vont diffuser des avertissements en passant au-dessus des immeubles et vont les asperger de désinfectant. Selon le China Daily, dans plusieurs villages, les drones, qui avant pulvérisaient des pesticides sur les champs, ont été reconvertis pour désinfecter les rues des villes. D’autres sont chargés de livrer des médicaments ou des masques aux personnes confinées chez elles. À Nanjing, où les livreurs humains sont interdits dans les bâtiments, des robots roulants livrent les habitants. Les soldats aussi ont recours à ces technologies, comme dans la ville de Chengdu, où le personnel de contrôle des épidémies a reçu des casques intelligents qui peuvent mesurer la température de toute personne dans un rayon de 5 mètres, déclenchant une alarme en cas de fièvre.

Au-delà des robots et des drones, la Chine a également un système de surveillance sophistiqué pour garder un œil sur les individus infectés et imposer des quarantaines. À Hong Kong par exemple, la surveillance est très stricte : les familles placées en quarantaine doivent porter un bracelet relié qui vérifie si les personnes sont confinées chez elles. Si le bracelet est déconnecté de plus de 20 mètres du téléphone portable, une alerte est immédiatement envoyée aux autorités. Selon le South China Morning Post, les contrevenants à ces mesures de quarantaine sont passibles de 6 mois de prison et d’une amende de 4 600 euros.

« Il est extrêmement important de s’assurer qu’aucune information ne soit divulguée ».

Mais les robots et leur intelligence artificielle ont des limites. « La collecte de données personnelles pour contrôler l’épidémie doit éviter une collecte excessive », a déclaré Qiu Baochang, un avocat Pékinois interrogé par le China Post qui se concentre sur le droit à la vie privée. « Il est extrêmement important de s’assurer qu’aucune information ne soit divulguée ». De plus les infectés doivent obligatoirement se signaler au gouvernement et de nombreuses applications permettent de savoir si l’utilisateur a été en contact avec un porteur de virus durant la journée grâce à cette collecte de données. Beaucoup de ces applications de santé exigent que les utilisateurs s’inscrivent avec leur nom, leur numéro d’identification national et leur numéro de téléphone. Les autorités ont également obtenu des données auprès des opérateurs téléphoniques, des agences de santé et de transport, ainsi que des entreprises publiques. Bien que ces nouveaux outils de surveillance puissent être considérés comme efficaces, ils ont suscité des inquiétudes quant au respect de la vie privée car il y a peu de transparence sur la façon dont le gouvernement prévoit de supprimer les données.

Mattéo Bajard