mars 28

Fin prématurée du Carnaval de Nice : des répercussions économiques minimes

À la suite de la décision de renoncer au dernier week-end du carnaval, les professionnels du tourisme enregistrent peu d’annulations. Des mesures ont cependant été prises pour pallier les quelques pertes.

Le « Roi de la mode » a été incinéré le soir du 1e mars sur la place Masséna, sans feu d’artifice. Photo Adrien Pain

   L’incinération traditionnelle du « Roi de la mode » s’est faite en petit comité le soir du 1e mars. Une psychose n’a pourtant pas lieu d’être selon des professionnels du tourisme. La semaine dernière, le maire de Nice Christian Estrosi avait pris la décision d’annuler les derniers jours du Carnaval de Nice pour prévenir une propagation du coronavirus. Pas de vagues d’annulations ni de départs prématurés ne semblent être à signaler pour le moment.

   Un avortement de l’événement qui ne devrait pas avoir un impact important à la vue de l’affluence enregistrée durant ces deux semaines de festivité. « Par rapport à l’année dernière, on est à pressque 20 % de plus de réservations. » affirme Savita Couty, la community manager du Carnaval de Nice.

Peu d’annulations de la part des touristes

   Le responsable de la Fédération de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme de Nice, Denis Cippolini, se montre rassurant. Le tourisme provenant d’Italie ne sera pas impacté par les mesures de Christian Estrosi selon lui : « En ces périodes de vacances scolaires, les mouvements de populations entre ces deux pays frontaliers sont tellement nombreux qu’il est illusoire d’imaginer que le moindre refus d’accueillir tel ou tel visiteur serait un rempart efficace à la propagation du virus. » confie-t-il dans le journal Nice-Matin.

   Quant au tourisme chinois, d’après Alessandra Pope, attachée de presse pour la Ville de Nice, « il n’est pas très important en réalité et est donc négligeable ». Elle ajoute : « La Chine ne figure même dans les cinq premiers pays à venir pour le carnaval. » En somme, pas d’inquiétudes à avoir de leur point de vue. Laurent Rossi, directeur du groupe Summers Hotels regroupant huit établissements 3 et 4 étoiles entre Menton et Cannes, dont cinq à Nice, n’affiche une baisse de son chiffre d’affaire que de 4 %.

Des initiatives pour remédier aux pertes potentielles

   Pour stimuler l’attractivité touristique de la ville, l’accès aux musées niçois a été rendu gratuit le week-end dernier par la Ville de Nice. Suite à l’annulation d’une bataille de fleurs et d’un corso carnavalesque, 45 000 tiges n’ont pas pu être utilisées. La Ville de Nice et les fleuristes du groupement d’entreprises « La Nouvelle Vague » ont pris des mesures pour donner une deuxième vie à ces fleurs.

   Dans la halle Spada, environ 150 compositions florales ont été effectués par des fleuristes. De nombreux d’entre eux ont aussi apporté des tiges dans les Ehpads, au mémorial des victimes de l’attentat du 14-Juillet et dans les cimetières azuréens notamment. Reste à savoir si les 30 millions d’euros rapportés par le Carnaval de Nice l’année dernière seront quand même atteints pour cette 136e édition.

Adrien Pain