« Everybody’s Everything », Retour sur le court passage sur Terre du rappeur Lil Peep

Après avoir été seulement disponible dans des théâtres ou des cinémas à l’occasion de projections exceptionnelles, le long métrage sur le rappeur Lil Peep, mort d’une overdose en novembre 2017 est disponible sur toutes les plateformes. Le réalisateur Terrence Malick et la mère du rappeur, Liza Womack, sont les producteurs exécutifs de « Everybody’s Everything », le documentaire qui rend le talent de Lil Peep accessible et compréhensible même pour les téléspectateurs qui pourraient ne pas se considérer comme des fans d’emo ou de rap.

Affiche du documentaire retraçant la vie du jeune artiste Lil Peep ou Gustav Elijah Åhr de son vrai nom. Crédit photo : Adam Degross

Il aurait pu être le Kurt Cobain de sa génération : un rappeur beau, malheureux et autodestructeur, qu’une génération d’enfants aurait pu admirer ; « He had this vulnerability to him, in the same way that Kurt did » affirmait Pete Wentz des Fall Out Boy pour le magazine Rolling Stone. Mais ce soir-là, le 15 novembre 2017 le rappeur Gustav Elijah Åhr aka Lil Peep est retrouvé mort d’une overdose de fentanyl et d’alprazolam dans le bus de sa tournée à Tucson. Sa musique était souvent étiquetée comme du « SoundCloud Rap » et à travers ses textes il parlait de ses histoires d’amour (notamment avec la mannequin Bella Thorne ou son amie d’enfance Emma Harris) mais aussi de sa lutte pour se sortir de la dépression, de l’anxiété et des drogues qui l’aidaient à aller mieux le temps de leurs consommations.

Le jeune rappeur est encore, deux ans après sa mort, dans les mémoires.

En mars 2019, le magazine Rolling Stone avait consacré un article « long read » à Lil Peep, intitulé « The tragedy and torment of Lil Peep ». Ce mercredi 4 mars 2020 le documentaire « Everybody’s Everything » sort sur les plateformes de visionnages après de grandes attentes de son public encore très présent et soudé à l’image des ventes sur ses derniers albums posthumes. Terrence Malick (La ligne rouge, Badlands, The Tree of Life) ancien ami d’enfance de John Womack (grand-père du rappeur) s’est joint à Liza Womack (mère du rappeur) pour écrire et réaliser le film. Au cours des deux années qui se sont écoulées depuis qu’il a commencé à produire de la musique, Lil Peep s’était classé dans le Top 40 des charts américains, avait défilé comme mannequin à la Fashion Week de Milan et Paris, et avait rassemblé près de 8 millions d’abonnés sur YouTube et SoundCloud de quoi largement réaliser un film sur sa courte célébrité.

« Un portrait intime et humaniste »

Le documentaire parle de toutes les thématiques évoquées dans l’article de Rolling Stone, son ascension rapide et précoce dans le milieu de la musique, ses addictions aux opiacés et son tragique décès. Le documentaire est principalement composé d’images et de vidéos inédites fournis par la mère et l’ami du rappeur Wiggy, s’y mêlent des interviews de ses anciens amis chanteurs comme Ghostemane, ILoveMakonnen, Post Malone et bien d’autres. Au milieu de toute cette animation et entre les images de concerts se glissent des lettres écrites et lues par le grand-père du rappeur. « Everybody’s Everything est un portrait intime et humaniste qui cherche à comprendre un artiste qui a tenté de tout faire pour tout le monde » déclarait sa mère bien avant que le film ne sorte. Ce documentaire ne changera pas le monde, mais sa diffusion en fera sûrement réfléchir plus d’un à l’importance d’avoir une personne sur laquelle s’appuyer pour ne pas tomber dans la dépression et à quel point la drogue peut être dévastatrice. Nominé pour le festival du film SXSW (un ensemble de festivals de musique, de cinéma et de médias interactifs se tenant chaque année à Austin), le film ne se contente pas de parler de Lil Peep en l’idéalisant, les réalisateurs n’oublient jamais qu’il y avait un être humain sous les cheveux teints de rose de punk et les multiples tatouages du jeune rappeur.


Bajard Mattéo