avril 25

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Population confinée, planète restaurée

L’arrêt des activités humaines et les mesures strictes de quarantaines signent une période de répit pour notre planète.

4,5 milliards, c’est le nombre total de personnes confinées pendant le mois d’avril 2020, en raison de la pandémie de Covid-19. Le confinement représente une pause importante de nos activités, parfois pendant près de deux mois selon les pays. Pour notre planète, les mesures de quarantaine ont bien joué leurs rôles, les répercussions écologiques de celles-ci sont parmi les seuls aspects positifs de cette crise sanitaire sans précédent.

Une pollution bien moins importante   

Une diminution importante des émissions de dioxyde d’azote en Chine

Le premier pays touché par le covid-19 et à appliquer une règle de confinement fut la Chine. Entre les mois de janvier et février, la NASA a pu observer dans le pays une forte baisse d’émission de dioxyde d’azote, le dioxyde d’azote étant le résultat de la combustion de combustibles fossiles. Un air plus propre qui a son importance selon Marshall Burke, scientifique de l’université de Stanford : « Elle a probablement sauvé la vie de 4 000 enfants de moins de cinq ans et de 73 000 adultes de plus de 70 ans en Chine ».  En Europe, c’est à partir de la mi-mars que la majorité des pays a vu sa population confinée. Des mesures de quarantaine strictes qui ont permis une diminution de moitié des concentrations de dioxyde d’azote en l’espace d’un mois : -54% à Paris ou -49% à Rome par exemple. Pour Paris c’est un record de pureté depuis 40 ans. La circulation en voiture beaucoup plus importante est responsable en partie de cette diminution.

Les activités humaines sont en pause également et cela concerne premièrement le transport. Aujourd’hui, le trafic aérien a chuté de 80%, le transport routier a diminué de 50%, le transport maritime de 30%. Il est alors facile d’imaginer les conséquences que l’arrêt des activités humaines engendre sur le niveau de pollution. Encore une fois, le dioxyde d’azote cause plus de 68 000 décès par an en Union Européenne, le confinement devrait donc sauver des vies.

Le très connu gaz à effet de serre est aussi concerné : « On estime une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 5% cette année » a indiqué Rob Jackson, professeur à l’université de Stanford, au 20H de France 2. Un chiffre qui peut paraître dérisoire mais cela n’avait jamais été vu depuis 75 ans.

En tirer les leçons

Il faut rappeler que la diminution de la pollution est temporaire, il est question de plusieurs semaines avant que les activités humaines reprennent sérieusement. Un répit pris très au sérieux par l’une des villes les plus touristiques d’Europe, Venise. En l’espace d’une semaine de confinement, l’eau qui coule dans les canaux n’a jamais été aussi claire, les partages de photos et vidéos ont été nombreux sur les réseaux sociaux. Il en a été de même en Inde où de nombreux monuments et l’Himalaya par exemple, ont été de nouveaux visibles distinctement, d’habitude cachés par un nuage de pollution. Pour les associations Vénitiennes, le confinement et l’arrêt du tourisme à Venise sont une leçon, il faut arrêter le tourisme de masse pour laisser la ville respirer de nouveau. Le maire de la ville imagine d’ores et déjà mettre en place des quotas de touristes à la fin de la pandémie.  La crise sanitaire et la diminution de la pollution ont ainsi marqué les esprits dans un grand nombre de mégalopoles où les animaux sauvages ont réapparu grâce à une présence humaine beaucoup plus discrète depuis plusieurs semaines. A Madrid, Barcelone ou en Thaïlande, les sangliers ou les singes se promènent désormais dans les rues vides.

Cependant, si nous retrouvons nos habitudes après la crise, les bénéfices sur le climat seront de faible impact. Selon les climatologues, il faudrait poursuivre cette baisse d’activités exceptionnelle pendant plus d’une dizaine d’années pour diminuer drastiquement les émissions de CO2 et respecter les objectifs de l’accord de Paris notamment. Le covid-19 offre juste un peu de répit à notre planète et ce, pour quelques semaines de plus.

Paul Charoy