avril 26

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Coronavirus : “Restez chez vous”, la dure réalité de ceux qui ne peuvent pas se confiner “chez eux”

Depuis le 17 mars 2020, la France entière est confinée. Des rues désertes, des villes fantômes ; les seuls qui restent dehors sont ceux qui n’ont pas où se confiner. « La solidarité est importante » a annoncé le chef du gouvernement, mais sommes-nous réellement si solidaires durant cette crise ?

Un sans-domicile fixe resté dans les rues en plein confinement. Crédit photo : Pierre-Philippe Marcou, AFP

Les vidéos de rues vides se multiplient sur Internet. Seul ceux qui n’ont pas où se confiner fréquentent encore le pavé des rues. En plus d’une crise sanitaire qui ne cesse de faire de plus en plus de morts – 15 700morts rien qu’en France, les associations de lutte contre le mal-logement s‘inquiètent d’une crise humanitaire importante. Sami Chataya, délégué national adjoint à la lutte contre les expulsions à la Croix rouge, a confié à Médiapart : “Vous avez des personnes malades, beaucoup ont des addictions, et l’absence de logement aggrave leur cas. Les SDF sont réellement des personnes à risque quel que soit leurâge“ Des personnes d’autant plus à risque, qui n’ont pas connaissances des gestes barrières, pour éviter la propagation du virus. C’est le cas de nombreux SDF qui parfois, ne parlent même pas français.

Le confinement rend la situation encore plus critique pour les SDF.

Si le personnel de la Croix Rouge continue de se mobiliser sur l’ensemble du pays, difficile d’agir pour l’association dont nombres de bénévoles sont parti se confiner chez eux. Manque de moyen et de sécurité, la crainte d’attraper le virus – notamment face à ces personnes encore plus à risque, est présente. Des structures inadaptées qui empêchent la « distanciation sociale », des maraudes et des distributions de repas annulés, des toilettes publiques fermées et l’impossibilité de se doucher ; le confinement rend la vie encore plus dure pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un toit. Tout en respectant les règles du confinement, les bénévoles sont tous de même autorisés à sortir afin de continuer les maraudes : « Nous allons renforcer nos maraudes et adapter nos pratiques », explique Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge. 

Être solidaire : c’est le mot d’ordre en cette période compliquée, davantage encore pour les plus démunis. Les associations, en plus de distribuer les repas, distribuent aussi des attestations de sortie pour éviter les contraventions ; mais pas de masque ou de gel à disposition. Les maraudes servent aussi à savoir si certains SDF sont positifs au Coronavirus : mais les associations ne peuvent rien faire, sauf les accompagner vers l’hôpital pour recevoir des soins.  « Maison ne peut rien faire s’il refuse. C’est ensuite à l’Etat de prendre le relais », précise Sami Chayata pour Médiapart.Mercredi, le gouvernement annoncera les futures aides pour les plus démunis et les plus précaires. En attendant, l’Etat a débloqué 65 millions d’euros pour imprimer des chèques restaurants. Une aide de 7 euros sera aussi donnée chaque jour à ceux qui sont dans le besoin ; afin de se nourrir dans les grandes surfaces et supermarchés.

Lydia Maachi