avril 26

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Des dispositifs anti-SDF récompensés aux « Pics D’Or » dans toute la France

Les villes de Lyon, Calais et Lille se sont vues récompensées des prix satiriques des « Pics d’Or », en référence aux dispositifs anti-SDF placés dans la ville.

Avec son dispositif anti-migrant, c’est dans la catégorie « Bouge de là » que la ville de Calais est nominée. Depuis deux ans, la fondation Abbé-Pierre, qui agit contre le mal logement des personnes en situations précaires, organise ses « Pics D’Or » afin de « récompenser » les pires dispositifs installés en France. Cette année, la cérémonie avait lieu au théâtre de l’Atelier à Paris. Une remise de prix humoristique par ses intitulés, mais fondamentalement politique, la fondation a voulu « provoquer une prise de conscience ». Car depuis dix ans, le nombre de personnes sans abris est en hausse. Dans la région des Hauts-de-France, ce sont plus de 3000 personnes qui vivent sans domiciles fixes. Le nombre de dispositifs installés dans le pays, lui aussi, ne fait qu’augmenter.

Entre 2019 et 2020, plus de 400 dispositifs ont été installés.

Des pics installés pour empêcher les SDF de dormir, des musiques agaçantes jouées dans les parkings et abris, des douches d’eau gelée – et non pas pour se laver, mais bien pour les chasser -, des bancs anti-sdf. Les mairies ne manquent pas d’imagination pour chasser les victimes du mal logement. En 2019, ce sont plus de 700 dispositifs qui ont été recensés sur le site soyonshumains.fr. Christopher Robert, délégué général de la Fondation, explique : « L’objectif de ces dispositifs  mis en place par les municipalités, les architectes, les urbanistes, etc. – est d’éloigner les SDF des centres-villes, de les rendre invisibles ou de les criminaliser, de manière plus ou moins insidieuse » lors d’une interview donné en 2019 par Le Monde.   « Il ne faut pas faire la guerre aux pauvres, mais à la pauvreté » s’attriste le délégué, qui cite l’Abbé Pierre.

Sensibiliser, mais aussi avertir des difficultés des sans-abris

L’objectif de ces récompenses : sensibiliser, avec humour, et faire réagir l’État face au manque de moyens attribués pour ces personnes sans domiciles. En France, ce sont plus de 143 000 personnes qui vivent dans la rue. 143 000 personnes qui vivraient dans la rue “par choix”, d’après un député LREM, Sylvain Maillard. Une déclaration qui fait froid dans le dos, quand on connaît la réalité et les moyens mis en place par l’Etat pour aider ces personnes : « La majorité de ceux qui restent dans la rue sont des personnes qui ont renoncé à appeler le 115, soit parce qu’elles sont découragées, soit parce qu’il n’y a pas de places pour elles dans les centres d’hébergement, soit parce qu’elles n’ont tout bonnement pas réussi à joindre le Samu Social » déclare Perrine Dequecker pour le Figaro. La réalité c’est que 4 appels sur 5 passés près du SAMU Social n’aboutissent pas. Dire que dormir dehors est un choix, une belle manière de se débarrasser des paroles prononcées par Macron trois ans plus tôt : « Plus personne dans les rues, dans les bois d’ici la fin de l’année. » Entre “plus personne” et plus de 140 000 individus sans logement, la réalité est bien différente des promesses faites par le gouvernement.

Lydia Maachi