mai 05

Le « mythe » du disque vinyle et de sa qualité audio optimale

John Cusack, collectionneur obsessionnel de disques vinyle dans le film « High Fidelity » (Crédit photo : Touchstone Pictures)

En cette période de confinement, où chacun est invité à rester chez lui, quoi de mieux que de dépoussiérer quelques disques vinyle, afin de profiter de sa qualité audio « exceptionnelle », selon les mélomanes de tous bords. Sans être imméritée, cette réputation a été très amplifiée par plusieurs facteurs internes aux autres supports venus concurrencer la sacro-sainte « galette », ces dernières années. 

Une révolution sonore vite contestée

Apparu en 1948, le successeur du 78 tours devient le seul moyen d’écouter la musique que l’on choisit pendant plus de 30 ans. Contrairement à son prédécesseur, il se démarque sur plusieurs points et notamment par le remplacement d’un sillon de taille moyen par un sillon nettement réduit. Cela permet une durée d’enregistrement allongée : de 20 à 30 minutes par face pour un 33 tours contre les 3 à 5 minutes du 78. 

Mais le 33 tours voit son hégémonie contestée dès 1982 et l’apparition du Compact Disc. Plus petit, plus robuste face aux épreuves du temps, une numérisation des données qui donne accès à une transparence sonore inouïe, il n’en fallait pas plus pour reléguer le disque vinyle dans les caves des grands-parents. 

Une réputation flatteuse pour les disques vinyles…

Et bien, il est admis communément que le disque vinyle possèderait un son plus « chaleureux ». Ce qui donne cette chaleur au son sur un support en général, c’est la plage de fréquences audio reproductibles. Son unité de mesure est le kilo-hertz. 

Alors, si on se met à comparer cette plage de fréquences entre un CD et un disque vinyle, l’on se rend compte que celle du vinyle de qualité normale peut atteindre 23 kHz contre 22,05 kHz pour un CD. Sauf que l’oreille humaine est dotée d’une faculté d’audition qui se limite à 20 kHz si celle-ci est placée dans des conditions optimales. 

… en comparaison des autres supports musicaux 

Le problème, pour ce qu’il s’agit du support CD, c’est qu’il est finalement arrivé à la mauvaise époque. Lors de son apparition et lors des quelques 10 années qui ont suivies, la technologie ne permet de réduire ces fréquences pour l’adapter à l’oreille humaine, qu’avec des filtres analogiques très peu performants. Ce qui lui confère une sorte de distorsion et un son quelque peu « métallique » pour une oreille aguerrie. Le problème est depuis réglé mais la « mauvaise réputation » du CD est bien établie. 

Et l’arrivée du support MP3 au milieu des années 90 ne va pas l’améliorer concernant les alternatives au vinyle. Son apparition coincide avec l’arrivée de nouveaux appareils transportables comme les smartphones ou les ordinateurs portables. Pour placer le maximum de MP3 dans un appareil, il faut réduire les informations du fichier audio, ce qui permet de faire diminuer son poids en megaoctets. Ainsi, l’apparition de l’ipod en octobre 2001 marque un tournant et fragilise la réputation du fichier MP3. Car en incitant les utilisateurs à placer le maximum de morceaux dans leur appareil, les fichiers ont de nombreuses pertes audio et la qualité est un peu moins au rendez-vous. 

La découverte du format sans perte, autrement appelé « FLAC » va montrer qu’il est possible d’avoir également une qualité de son optimale, comparable voire supérieur à celle d’un vinyle neuf, à condition de sacrifier quelques chansons. 

Mais finalement, tout cela importe peu. Puisqu’à qualité de son quasi équivalente, le disque vinyle a pour lui d’être un véritable objet et un support illustratif d’une musique qui ramène sentimentalement à des temps plus joviales qu’actuellement. 

Corentin Sachet