mai 06

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Nouvelle-Aquitaine : la fraise française s’en sort bien

En Nouvelle-Aquitaine, les exploitations agricoles ne sont pas épargnées par la crise sanitaire du covid-19. Pourtant la fraise, produit phare de la région, reste stable à ce jour. 

La récolte a débuté depuis plusieurs semaines pour les producteurs de fraise qui ont fait face à une première problématique par rapport à la pandémie de covid-19 : la main-d’œuvre. En effet, les exploitations embauchent beaucoup d’étrangers lors de la récolte, et ceux-ci reviennent alors chaque année. Avec la fermeture des frontières, cela a compliqué la démarche pour les exploitants qui ont vu leur équipe se diviser par deux parfois. Jean-Claude Boissel, producteur en Dordogne, a pu trouver des solutions : « Cette année, j’ai eu beaucoup de volontaires qui m’ont demandé pour venir récolter les fraises, beaucoup plus que l’année dernière et c’est ce qui m’a permis de compléter mon équipe. » Selon les variétés, sa douzaine d’employés et lui-même ramassent entre 500kg et une tonne de fraises par jour. Juliette, 22 ans et étudiante est l’une de ces personnes volontaires : « Étant confinée en Dordogne, je me suis dis que je pourrais proposer mes services aux producteurs de fraise, c’est un moyen de gagner un peu d’argent également. » Cette année, le ministère de l’agriculture estime qu’environ 130 000 personnes ont répondu à l’appel du secteur agricole.

La fraise en chiffres : –  La France est le sixième pays européen producteur de fraises avec 57 000 tonnes de fraises produites en 2015.    Le Sud-Ouest est le principal producteur de fraises en France : 39% de la production nationale. En Dordogne, la production s’élevait à 7500 tonnes sur une surface de 450 hectares en 2010.   –  Au printemps, trois variétés représentent 60% de la production : la Gariguette, la Darselect et la Cléry.

Si la recherche de main-d’œuvre a été problématique, le marché de la fraise se porte plutôt bien en ce moment. La fermeture des frontières se traduit également par une présence très faible de fraises étrangères sur le marché français. Les grandes enseignes se sont ainsi associées aux producteurs locaux pour proposer aux consommateurs une fraise française. Pour Jean-Claude, certaines enseignes sont allées plus loin : « Les centrales d’achat ont joué le jeu, en mettant en place des promotions sur les fraises. La consommation est repartie et aujourd’hui, on vend les fraises à un prix correct malgré nos inquiétudes. » En effet, en proposant uniquement de la fraise française, les enseignes de distribution ont vu leurs initiatives porter leurs fruits puisque la consommation de la fraise est en plein hausse depuis une semaine. Avec l’absence de fraises marocaines ou espagnoles, le marché n’est pas saturé malgré l’absence de points de vente tels que les marchés locaux. Heureusement pour les producteurs, la récolte a débuté très tôt cette année et pour Jean-Claude c’est un point positif : « D’ici un mois, les fraises d’Allemagne vont commencer à arriver mais on espère avoir écoulé le gros du stock d’ici là pour que ça ne nous porte pas trop tort, le fait que la récolte ait commencé tôt va nous aider. »

Malgré un accès à la main-d’œuvre plus difficile, la saison est bien partie pour les producteurs de fraises. Pendant le confinement, les Français peuvent profiter de leur fruit préféré, d’origine français et de grande qualité.

Paul Charoy