juin 16

Cyntoia Brown, survivante d’un réseau de prostitution dénonce Netflix d’avoir publié un documentaire sur sa vie sans son autorisation.

« Murder to Mercy : Cyntoia Brown », c’est le nom du documentaire réalisé par Daniel Birman et  publié sur la plateforme mondiale de streaming Netflix ce 29 avril. Il y raconte l’histoire vraie de Cyntoia Brown, condamnée à perpétuité à l’âge de 16 ans après avoir tué un homme qui aurait tenté d’avoir une relation sexuelle sans son consentement. Seulement, il y a un problème : la principale concernée n’a pas donné son autorisation pour produire ce documentaire.

Sorti ce 29 avril sur Netflix, « Murder to Mercy » (que Netflix a traduit par « Coupable et Victime ») détaille l’histoire de Cyntoia Brown, une jeune fille de 16 ans condamnée à la prison à perpétuité après avoir tué un homme de 43 ans alors qu’il tentait de la forcer à avoir une relation sexuelle avec elle. Inculpée en 2004 pour meurtre au premier degrés, prostitution et vol, la jeune fille clamait la légitime défense. Sa sentence fut la prison à vie, alors qu’elle était encore mineure. 

Cette affaire, re-médiatisée en 2017 par des célébrités comme Rihanna, LeBron James ou encore Kim Kardashian a provoqué une vague de contestations et un hashtag #FreeCyntoiaBrown avait même été créé sur les réseaux sociaux, demandant à revoir le jugement de la jeune femme jugé « trop sévère ». Passée de meurtrière à victime d’un système judiciaire injuste et incriminant des victimes d’abus sexuels, la jeune femme fut finalement libérée 15 ans après, en août 2019.

Cependant, la série qui retrace son histoire, a été produite sans l’autorisation de Cyntoia Brown. Dans un tweet publié le 15 avril, la jeune femme s’annonce elle-même surprise qu’un documentaire sur sa vie soit publié : « Pendant que j’étais incarcérée, un producteur, qui a récupéré des vieilles images de moi a signé un accord avec Netflix pour produire un documentaire sans mon autorisation, qui devait sortir bientôt. Mon mari et moi avons été très étonné quand on a entendu la nouvelle parce que nous n’avons participé d’aucune matière à ce documentaire. » 

Le documentaire « Murder to Mercy », publiée quinze jours plus tard, fut un réel succès sur la plateforme de streaming. Or aucune subvention ne sera reversée à la jeune femme, qui n’a jamais donné son accord et qui était même contre la publication de ce documentaire. « J’essaie de partager mon histoire de la bonne manière, en détails, et d’une façon qui respectera la femme que je suis devenue aujourd’hui. Je prie pour que ce film souligne les dysfonctionnements de notre système de justice, mais je n’ai rien à voir avec ce documentaire. »

LYDIA MAACHI