juin 16

Un tweet de l’armée française divise en Algérie.

Un tweet de l’État-major des armées françaises publié sur twitter le 27 avril a fait scandale auprès du peuple algérien. Une publication qui met en avant une vision « séparatiste » du pays, alors que le contexte est déjà tendu en Algérie.

« On garde le cap ! » C’est la description de la publication de l’état-major français, accompagnée d’une photo qui a fait polémique en Algérie. Une photo qui n’aurait pas l’air de faire scandale : on y voit un militaire français en train de clouer des panneaux directionnels de divers pays. République Moldave, Ukraine, ou encore Bayonne. A un détail près : sur le panneau qui est censé représenté l’Algérie, on n’y voit non pas un, mais deux drapeaux. Le drapeau national avec les initiales « DZ », Djazair (qui signifie l’Algérie en arabe) et le drapeau de la Kabylie, région proche de la capitale, accompagnée de la description « Bylka » (Kabyle en verlan) et « Tizi Ouzou » qui est la plus grande ville de cette région.

Une publication « séparationiste » qui fait polémique

Sans plus attendre, le peuple algérien s’offusque sur Internet : « Cette photo met en avant votre mauvaise foi et votre haine de l’Algérie et du peuple algérien. Vous aspirez à diviser notre pays » s’exclame un internaute. D’autres, se réjouissent : « Vive la Kabylie indépendante ! », « Merci d’indiquer que le drapeau algérien ne représente nullement la Kabylie. » Cette publication provenant de l’armée française relance le débat de la séparation de la Kabylie à l’Algérie, qui a créé de nombreux conflits dans le pays, alors que la France est devenue le « pays d’accueil » du mouvement MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie), dont le président Ferhat Mhenni vit en exil à Londres. En juin 2010, depuis la ville de Paris, il avait annoncé la création provisoire de l’Anavad, le gouvernement provisoire kabyle (GPK). Il avait également publié sur Internet une vidéo demandant aux partisans kabyles de créer une armée « se substituant à l’armée algérienne ». Dans un contexte où la France prend visiblement parti pour le MAK, cette publication n’a fait que relancer une polémique déjà compliquée.

LYDIA MAACHI.