septembre 27

La succession de Ruth Bader Ginsburg s’impose comme un enjeu central de la campagne présidentielle américaine

Moins de deux mois avant l’élection présidentielle américaine, la question du remplacement de la doyenne de la Cour suprême, décédée le 18 septembre, provoque des hostilités entre républicains et démocrates

Devant la Cour suprême, des fleurs ont été déposées en hommage à Ruth Bader Ginsburg.
Photo José Luis Magana / AFP

De la crise sanitaire aux manifestations en faveur du mouvement Black Lives Matter, en passant désormais par une guerre de succession, la fin du mandat de Donald Trump s’avère particulièrement turbulente. Suite au décès de la juge progressiste Ruth Bader Ginsburg le 18 septembre, Donald Trump dispose de la possibilité de nommer un juge conservateur à la Cour suprême. Un coup de théâtre politique dans la campagne présidentielle des Etats-Unis.

La plus haute instance juridique du pays comporte cinq juges choisis par des présidents républicains et trois par des présidents démocrates. Vacant, le neuvième siège pourrait offrir, en cas d’un remplacement mené par l’actuel président des Etats-Unis, une majorité renforcée aux conservateurs au sein de la Cour suprême.

La volonté de Donald Trump d’un remplacement « sans délai »

A la suite d’un meeting de campagne dans le Minnesota, Donald Trump a donné vendredi un hommage succinct à Ruth Bader Ginsburg puis congratulé sa carrière dans le cadre d’un communiqué. Le président des Etats-Unis a annoncé samedi matin sur Twitter qu’il souhaitait la nomination « sans délai » d’un nouveau juge. Une position partagée par Mitch McConnell. Le chef de la majorité républicaine du Sénat a affirmé dans un communiqué : « Le candidat du président Trump aura droit à un vote dans l’enceinte du Sénat des Etats-Unis. »

Donald Trump s’est exprimé à la suite de l’annonce du décès de Ruth Bader Ginsburg, à Bemidji (Minnesota). Photo Evan Vucci / AP

Cette déclaration s’oppose à sa réaction lors de la mort du juge conservateur Antonin Scalia en 2016, alors que Barack Obama occupait la fonction suprême. A huit mois de la fin du mandat du président démocrate, Mitch McConnell avait trouvé illégitime un remplacement du juge de la Cour suprême.

Une résistance du côté des démocrates

« Mon souhait le plus fervent est de ne pas être remplacée avant l’entrée en fonction d’un nouveau président. » C’est ce qu’a dicté, quelques jours avant sa mort, Ruth Bader Ginsburg à sa petite-fille. De nombreuses figures du camp démocrate, telles que Chuck Shumer, chef de la minorité démocrate du Sénat, affichent leur refus d’une succession de la doyenne progressiste avant la fin du mandat de Donald Trump.

« Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat », a estimé Joe Biden dans une déclaration à la presse, à son retour du Minnesota. Une chose est sûre : la possibilité d’une majorité de cinq juges conservateurs à la Cour suprême, c’est le risque d’une remise en cause du deuxième amendement de la Constitution américaine ou de la légalisation de l’avortement.

ADRIEN PAIN