octobre 30

Le soutien d’Emmanuel Macron aux caricatures de Mahomet ne passe pas au Moyen-Orient

Les produits importés de France sont retirés des rayons dans plusieurs pays. Crédit photo : Yasser Al-Zayyat

De nombreuses manifestations et appels aux boycotts des produits français ont eu lieu ces derniers jours.

« Nous ne renoncerons pas aux caricatures et aux dessins. » Le 21 octobre, le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie victime d’un attentat terroriste après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Dans son discours, il a affirmé sa volonté de continuer « le combat pour la liberté » en promouvant la laïcité, notamment. Mais de nombreux pays arabes n’adhèrent pas à ces propos.

Des produits français retirés des rayons

Le soutien d’Emmanuel Macron a déclenché des émeutes au Proche-Orient. Le 22 octobre, environ 200 personnes se sont réunies devant la résidence de l’ambassadeur français pour protester contre cette décision. Des portraits du président français ont été brulés. D’autres manifestations ont eu lieu dans la bande de Gaza et en Libye. L’opposition prend aussi la forme de boycott des produits français. L’AFP indique qu’au Koweït, une soixante de société coopératives ont annoncé leur intention de bouder les aliments importés de l’hexagone. Dans de nombreux magasins, des fromages Kiri ou La vache qui rit, par exemples, ont été retirés des rayons. Au Qatar, les chaînes de distribution Al-Meera et Souq al-Baladi ont retiré jusqu’à nouvel ordre les denrées venues de France. Les pays du Golfe, représentent un marché croissant pour les exportateurs de l’industrie agroalimentaire française. Concernant le secteur du tourisme, 430 agences de voyages des pays du Golfe persique ont décidé de suspendre les réservations de vols vers la France.

Une escalade de tensions franco-turques

Froissé par la déclaration du président français, le président turc Recep Erdogan, a déclaré samedi lors d’une allocution télévisée : « Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’État qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est : allez d’abord faire des examens de santé mentale. ». L’Élysée a condamné ces propos et a rappelé l’ambassadeur français en Turquie pour consultation. Cela n’a pas refroidi le chef d’état turc qui a déclaré dimanche au sujet d’Emmanuel Macron : « C’est un cas, et en conséquence, il a vraiment besoin de subir des examens (mentaux). »

Loïc Bessière