octobre 31

L’imam de Drancy, toujours debout contre l’islamisme

L’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, était présent lundi dernier devant le collège du Bois-d’Aulne pour rendre hommage à Samuel Paty, l’enseignant décapité trois jours plus tôt. Il a réaffirmé son profond mépris envers l’islamisme.

L’imam de Drancy Hassen Chalghoumi lors d’un rassemblement en hommage à Samuel Paty, sur la place de la République (Paris), le dimanche 18 octobre. Crédit Photo : Michel Stoupak / NurPhoto via AFP

L’assassinat du professeur Samuel Paty, décapité le vendredi 16 octobre pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression, a provoqué de vifs émois. Mais aussi les prises de parole de différentes personnalités. Avec des discours parfois très tranchés. Ça a été le cas d’Hassen Chalghoumi, président de la Conférence des imams de France. Ce dernier a notamment qualifié l’islamisme de « poison ».

Après les attentats de janvier 2015, l’auteur du plaidoyer Pour l’Islam de France avait déjà fustigé les coupables en les qualifiant de « barbares » et de « criminels ». Dans son livre, l’imam de la mosquée Al-Nour, à Drancy (Seine-Saint-Denis), soutient d’ailleurs la vision d’un « islam animé par le mieux-vivre en France ». Défenseur de l’idée de formation d’imams « républicains », Hassen Chalghoumi n’hésite pas non plus à dénoncer l’influence, selon lui « néfaste », des Frères Musulmans.

Un personnage controversé  

Le natif de Tunis, décrit comme proche du mouvement fondamentaliste et sectaire du Tabligh jusqu’au milieu des années 2000, a pris pour habitude d’intervenir dans le débat public. Ce qui le mène parfois à des ennuis. Au tournant des années 2010, à plusieurs reprises, des partisans du collectif Cheikh Yacine de l’islamiste Abdelhakim Sefrioui ont tenté de le destituer de son poste, à Drancy. Il est même placé sous protection policière après avoir été menacé par ces derniers pour des prises de positions plus modérées (soutenant la loi française sur l’interdiction de la burqa, notamment). 

Lui est également reprochée sa proximité avec les institutions juives. Mais aussi son soutien envers Nicolas Sarkozy lors de la campagne électorale de 2012, qui avait donné du grain à moudre à ses détracteurs. Toujours debout contre l’islamisme, l’imam de Drancy a récidivé en début de semaine. Il a affirmé qu’il fallait « que la peur change de camp », en reprenant les mots du président Macron.

Dorian Vidal