novembre 20

Interdiction de filmer les policiers : cinéastes et médias dénoncent le nouveau projet de loi

La société des réalisateurs de films (SRF) et des personnalités du cinéma ont écrit, mercredi 11 novembre, une tribune sur Libération qui s’intitule « police partout, images nulle part ». Elle vise le projet de loi de « sécurité globale ». Cette loi pénaliserait l’usage « malveillant » d’images de la police. Les cinéastes dénoncent, par ailleurs, une « censure pure et simple ». L’article 24 de cette loi concerne les images de terrain prises lors des opérations de maintien de l’ordre. « Diffuser l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police » sera puni d’un an de prison et 45 000 euros d’amende.

Les médias se mobilisent

Il n’y a pas que le monde du cinéma qui dénonce ce projet de loi, les journalistes s’y opposent également pour protéger « un droit démocratique ». Le Monde a publié, le 10 novembre, un éditorial à ce sujet précisant que cette loi porte « atteinte à la liberté de la presse ». Reporters Sans Frontières (RSF) estime que « le droit à l’information des citoyens exige que les journalistes puissent observer et rapporter le comportement des forces de l’ordre.» Claire Hédon, défenseure des droits depuis juillet dernier et journaliste, a rappelé que la diffusions d’images policière est « nécessaire au fonctionnement démocratique ».

« Il ne s’agit pas d’empêcher les journalistes de faire leur travail »

Le gouvernement, face à cette polémique grandissante, se défend et pour Alice Thourot, une des deux députés en charge du projet de loi, « il ne s’agit pas d’empêcher les journalistes de faire leur travail. Ce sont des cas très particuliers que l’on vise. On doit pouvoir répondre aux appels à la violence contre des membres des forces de l’ordre, qui sont ciblés sur les réseaux sociaux notamment. » Cette loi prendrait donc en considération le cas où un fonctionnaire aurait été menacé à la suite de son identification dans une vidéo par exemple. Mais le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin remet au cœur du débat une confusion lors de son intervention sur BFM-TV, début novembre. https://www.youtube.com/watch?v=XvfqDi6Yz9E&feature=share « J’avais fait une promesse, celle de ne plus pouvoir diffuser l’image des policiers et des gendarmes sur les réseaux sociaux. Cette promesse sera tenue, puisque la loi prévoit l’interdiction de la diffusion de ces images ». Une pétition contre la loi de sécurité globale comptabilise à ce jour, 587 365 signatures en France. https://www.change.org/p/gouvernement-fran%C3%A7ais-refus-de-la-loi-visant-%C3%A0-emp%C3%AAcher-la-diffusion-des-images-de-violences-polici%C3%A8res?fbclid=IwAR3UFBe_1MyPEP_NxIAb08WStE-_XKN69Tww5IYUMYWcsSbs9V-JQA8NsQI

Elodie Radenac