janvier 25

COUVRE-FEU A 18H : L’INQUIETUDE GRANDIT POUR LES COMMERCANTS CANNOIS

C’est donc à 17h45 que la plupart des commerçants de France tirent le rideau, désespérés face à ce nouveau coup de massue. Un couvre-feu familier pour les commerçants de Cannes qui subissent déjà cette mesure gouvernementale depuis le 2 janvier 2021. Un sentiment d’impuissance s’empare des vendeurs car le couvre-feu semble ne pas réellement être respecté.

Rue d’Antibes à Cannes, les commerçants se plient aux règles. Crédit photo : Louise Bes


Pour Peggy, responsable de magasin dans la rue d’Antibes, la situation est « déplorable ». « Tout ce que j’ai remarqué, c’est que couvre-feu ou pas, il y a encore des gens dans la rue. Seulement nous, nous devons fermer plus tôt. ». Une situation qui dure depuis plusieurs semaines pour vingt-trois des départements français tel que les Alpes-Maritimes, un département très surveillé car le taux de cas de COVID-19 est un des plus élevé de France. Désormais, le couvre-feu est avancé à 18h depuis ce samedi 16 janvier sur tout le territoire français, à la suite de l’annonce du gouvernement lors d’une conférence de presse.

Réaction des élus locaux des Alpes-Maritimes

Pour les Alpes-Maritimes, c’est un taux d’incidence trop élevé – 450 cas de covid pour 100 000 contre 146 pour la moyenne française – qui justifie le couvre-feu à 18h selon le gouvernement. Les élus locaux ont rapidement réagi vis-à-vis de cette mesure qui ne semble pas convenir à tout le monde. C’est avec virulence que le maire d’Antibes, Jean Leonetti, s’est exprimé sur France Bleu Azur : « C’est ridicule, ça ne sert à rien. Entre 18h et 20h l’effet ne peut être que contreproductif. À ces heures ci on va chercher les enfants à la garderie, on va faire ses courses, puis on rentre chez soi ».

Les commerçants expriment leur inquiétude

Une opinion partagée non seulement par les maires de Cannes et de Grasse, mais également par les commerçants. Depuis bientôt 10 mois, les difficultés économiques s’enchaînent : Sandrine, gérante d’une société de bien-être à Cannes depuis 25 ans, s’alarme sur sa situation déjà difficile. Elle se voit obligée de fermer sa boutique une heure et quart plus tôt afin de respecter les règles et de laisser ses employés rentrer chez eux avant le couvre-feu. En fin de journée, l’affluence est d’autant plus forte car les français viennent faire leurs achats après le travail : « C’est une catastrophe » explique-t-elle, « 30% de mon chiffre d’affaires se réalise entre 17h et 19h. C’est une nouvelle perte très importante ».  Le couvre-feu devrait durer au minimum une quinzaine de jours pour toute la France mais le gouvernement ne s’interdit pas d’imaginer un nouveau confinement si la situation ne s’améliore pas.

Louise Bes