janvier 27

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Covid-19 : des entrepreneurs n’ont pas dit leur dernier mot

De gauche à droite : Jeanne & Co boutique de plats maison, à Cabris (CR Elodie Inacio). Équipe de So bio à Peymeinade(CR:Facebook So bio des 5 villages).  Auberge du vieux château, à Cabris (CR : Gilles Pudlowski). 

Restaurateurs, commerçants, photographes… Personne n’avait prévu une telle pandémie lors de la création de son entreprise. Et ils sont nombreux, à s’être lancés quelques mois ou quelques jours seulement avant que la crise du Covid-19 ne touche la France. Après une année 2019, où le nombre total de créations d’entreprises avait atteint un nouveau record avec 815 300 créations, selon l’INSEE, « 2020, c’est la cata » affirme July photographe. Dès le début 2020, les créations d’entreprises sont en chute : « Entre le 20 et 25 mars, c’est l’hécatombe, il y a des reports, des annulations… » confie July dont 75% de l’activité de sa nouvelle entreprise d’artisanat photographique repose sur les mariages. 

« Il faut rebondir » 

Des doutes et des inquiétudes partagées, par la plupart des personnes qui, juste avant cette période, ont fait le « pari de toute une vie » comme Emmanuelle. Cette ancienne restauratrice a acheté sa petite boutique de plats-maison fin février. « Quand la crise est arrivée, je me suis dit que je n’allais jamais y arriver, que c’était une mauvaise idée » avoue-t-elle. Mais c’est sans compter sur la gentillesse et l’accueil des habitants qui n’hésitent pas à revenir quotidiennement pour la soutenir. Un geste de solidarité qui apporte du soutien et de la motivation à ces nouveaux entrepreneurs. « Cette situation m’a motivé pour démarcher dans plus de choses, en fait il faut rebondir, trouver d’autres solutions » confie July pleine d’espoir. Un état d’esprit partagé par Tim Cinquin, chef et nouveau patron de l’Auberge du vieux château depuis octobre 2019 : « Cette angoisse-là je ne l’ai plus avec l’habitude, quand on a eu d’autres affaires, on apprend à gérer des situations complexes et à garder son sang-froid ». 

« Tout seul, c’est un parcours du combattant » 

Si la motivation et la solidarité sont des facteurs importants, cela ne fait pas tout. Depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, l’État et les Régions ont mis en place un fonds de solidarité pour prévenir la cessation d’activité notamment de ces nouvelles entreprises, particulièrement touchées par les conséquences du Covid-19. « L’entreprise est fermée forcément c’est difficile, mais heureusement il y a les aides de l’État, ça compense un peu la perte » explique Tim rassuré. Seule ombre au tableau, le manque de communication et la complexité des procédures administratives, comme en témoigne July : « c’est un gros plus, mais je me suis beaucoup démenée pour trouver ces aides ».  

« On est les grands chanceux de cette histoire » 

Certains n’ont pourtant pas eu besoin des aides pour se qualifier de « grand chanceux de cette histoire ». Lucas, jeune entrepreneur, avait déjà un commerce de fruits et légumes bio, et c’est pendant la crise, au mois de juin qu’il s’est agrandi. En juin, le nombre de nouvelles d’entreprises est reparti à la hausse avec 75 246 créations, un chiffre plutôt rassurant pour l’avenir.

Elodie Inacio