janvier 28

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Pas de répit pour la loi « Sécurité Globale »

 « La démocratie n’est jamais acquise, il faut la défendre. » déclarait un représentant de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) ce week-end. À Nice, comme tous les samedis depuis le 5 décembre 2020, une manifestation contre la loi Sécurité Globale a été organisée. Quelques centaines de personnes se sont réunies devant la gare pour protester. Selon les militants de l’Attac, association présente sur place, 25 organisations ont participé à la Marche des libertés.

Expérimentation des drones de surveillance

  Les derniers projets de loi du gouvernement visant à améliorer les résultats des opérations du ministère de l’Intérieur sont contestés. L’article 24 de la loi « Sécurité Globale », qui interdit et punit la diffusion d’images des forces de l’ordre leur portant atteinte, la volonté de l’État d’utiliser des drones pour surveiller sur la population, et plus récemment la volonté d’un fichage élargi ces citoyens et organisations considérés comme dangereux, sont remis en cause. « Le nouveau schéma national du maintien de l’ordre va dans le sens d’une utilisation massive de la vidéosurveillance et des drones. » soutient le représentant de la LDH.

  Lors du premier confinement, l’État avait déployé des drones dans plusieurs villes françaises pour veiller à la bonne application des restrictions sanitaires par la population. La Commission nationale de l’informatique et des libertés sanctionne aujourd’hui le ministère de l’Intérieur en lui interdisant d’utiliser des drones dans une optique de vidéosurveillance car aucun texte légal n’encadre cette utilisation. La formation restreinte de la CNIL (cinq membres et un président qui énoncent les sanctions) a décidé de rendre publique cette sanction.

Des militants d’Amnesty International présents à la manifestation du 16 janvier à Nice.

Nice, un terrain d’essai

  Nice est, d’après les différents intervenants de la manifestation du samedi 16 janvier, un terrain d’essai pour le ministère de l’Intérieur. Christian Estrosi, le maire de la ville, travaille depuis plusieurs années pour mettre en place un système de haute sécurité. La reconnaissance faciale y avait été expérimentée lors du carnaval 2019, sur une base de citoyens volontaires. La mairie avait été très satisfaite de ces tests, contrairement à la CNIL qui déplorait un manque de détails dans le rapport de l’expérimentation et le manque de réactivité de la ville de Nice pour répondre à ses questions. Ces tests, qui sont la continuité de tests effectués en 2016 à Nice, ne sont pas passés inaperçus et certaines organisations, dont la LDH, continuent de les contester.

  Si la manifestation niçoise du 16 janvier s’est déroulée sans encombre, la situation a été plus agitée dans d’autres villes de France, comme à Lyon et à Toulouse. Pas de répit pour la loi « Sécurité Globale » donc, car un rassemblement général et national est prévu pour le 30 janvier. 

Samuel Gut.