février 01

Étiquettes

Dans l’Aube, le parrainage de ruches fait des émules

Quatre mois après le vote au Parlement de la réintroduction des néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles » dans les cultures de betterave, la médiatisation du débat a fait de la publicité aux principales intéressées.

Crédit photo: Pexels/ Pixabay

Brice Louet ne s’attendait pas à un tel succès. Apiculteur dans la région troyenne depuis plus de vingt ans, il publie, début janvier, une offre sur internet : pour 80€, il invite les Aubois à parrainer une de ses ruches. Après la récolte du miel, la maturation et le repos, l’apiculteur s’engage à livrer à chaque parrain ou marraine le miel associé à leur rucher, soit 5kg par an. En une semaine, Brice Louet reçoit une dizaine de demandes. 

« Les abeilles c’est la vie »

Catherine Armant a découvert l’annonce de l’apiculteur sur la page Facebook « Solidarité entre Aubois ». Mère de cinq enfants, elle pense à l’avenir des jeunes générations et se dit fière de pouvoir participer à un projet en faveur de la biodiversité : « L’initiative écologique a retenu mon attention : les abeilles, la pollinisation, c’est la vie !». La culture betteravière est très présente dans l’Aube, en particulier dans les grandes plaines de Champagne. Si Brice Louet s’estime chanceux de ne pas avoir de mortalité due aux pesticides, il reconnait que la médiatisation autour des néonicotinoïdes, en mettant en évidence la fragilité des écosystèmes, a renforcé un « effet de mode » apparu il y a quelques années.

Un prix solidaire

« Manger écolo, ça coûte cher. Si j’avais plus d’argent, j’en ferais davantage. Là, c’est à la hauteur de mes moyens. » Pour Catherine, le petit prix du parrainage explique aussi qu’elle n’ait pas hésité. Brice Louet tient à ce que ses services ne dépassent pas la centaine d’euro, pour qu’ils bénéficient au plus grand nombre. Il s’agit pour lui d’une passion et d’une activité complémentaire, par laquelle il espère encourager les Aubois à préserver les abeilles. Au niveau national, des associations comme « Un toit pour les abeilles » proposent des services similaires. Le prix est toutefois trois fois supérieur, le parrainage allant de 250 euros pour des particuliers à 2000 euros par an pour une entreprise.

Une cause qui plaît aux entreprises

La cause des abeilles séduit aussi les entreprises : sur la dizaine de demandes de parrainage reçues par Brice Louet cette semaine, deux émanent d’entreprises locales. « Déjà l’année dernière, j’ai été contacté par un responsable des magasins d’usine Mc Arthur Glen, à Pont Sainte-Marie », explique l’apiculteur. « Il avait entendu parler de ce type d’actions dans le Sud et souhaitait produire du miel près des magasins et le vendre sur place ». En juin 2020, Brice Louet installe une première ruche dans les espaces verts de la zone commerciale : « La première année, la récolte n’est pas abondante mais pour une campagne marketing, c’est intéressant ». S’ajoute ainsi aux vertus déjà bien connues du miel, la faculté de pouvoir améliorer l’image des entreprises.

Eden Armant-Jacquemin