février 05

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Les tranchées ukrainiennes : une guerre stagnante aux portes de l’Europe

7 ans après l’hiver révolutionnaire, le conflit reste gelé dans l’Est de l’Ukraine

Une guerre de positions, des troupes qui se toisent d’une tranchée à l’autre, le froid de l’hiver qui revient sur une Ukraine divisée et meurtrie. C’est un conflit qui stagne depuis sept années aux portes de l’Europe. Après la révolution de l’Euromaiden en 2014, qui a vu se soulever toute Kiev pour rejoindre l’Union Européenne, les frontières à l’Est du pays sont toujours gelées par l’immobilisme des troupes et des pouvoirs politiques.

Aux origines de la Crise Ukrainienne

L’Euromaiden est né d’une volonté de rattachement à l’Union européenne par Kiev. Après cette brutale révolution, qui a vu le départ du président Viktor Yanukovych, la plaie de la division ne fera plus que saigner. Le pays est fracturé entre deux visions du futur, l’une tournée vers l’Occident, l’autre dirigée vers la Russie. La Mère patrie enverra ses troupes en Crimée, annexée alors par un référendum, remporté à 97 %.

De la sécession à la guerre de position.

Dans un élan indépendantiste, la région du Donbass fait sécession. Naissent alors les républiques russophiles de Donetsk et de Lougansk. Kiev envoie son armée, Moscou soutient les séparatistes, le pays sombre dans la guerre. Elle tuera 13 000 Ukrainiens et en chassera 1 500 000. Viendront les accords de Minsk en 2015 : plus d’artillerie, de chars, un cessez-le-feu permanent. Pour autant les soldats des deux camps sont toujours aussi armés. Les pièces d’artillerie se sont peut être tues, mais les tanks T-72 de l’ère soviétique sont cachés en l’attente d’une reprise plus violente du conflit.

Chaque jour le cessez-le-feu est violé. Des échanges de tirs résonnent le long des 400 km de la zone de sécurité. Au cœur de cette zone grise, 100 000 civils continuent un semblant de vie, une existence au milieu des ruines d’une guerre figée. Dans le Donbass, les routes sont contrôlées par des miliciens tenant des checkpoints. Il y a dans l’atmosphère cette violence omniprésente qui semble prête à éclater.

Immobilisme politique

Avec l’élection en 2019 de l’ancien acteur Vlodimir Zelensky, le dialogue reprend entre Kiev, Bruxelles et Moscou. C’est à Paris, le 9 décembre 2019, que Vladimir Poutine le rencontre pour négocier. Aucun accord n’est trouvé sur l’Est séparatiste ukrainien. L’immobilisme politique s’impose. L’UE ne reconnaît pas le référendum en Crimée et la Russie n’y retire pas ses troupes. En 2021, comme depuis six ans tous les six mois, l’UE réitère ses sanctions économiques, et Moscou ne rappelle pas ses mercenaires. Des miliciens aux politiciens, c’est la guerre de position.

Sombre avenir pour le Donbass

Le conflit se poursuit donc dans ces tranchées. Les nationalistes mènent la vindicte sur les civils du Donbass. Les séparatistes obéissent à de cruels chefs de guerre. L’UE et la Russie se toisent. Pendant ce temps là, l’hiver n’ensevelit pas les braises de la guerre.

ORI Alexandre