février 09

Un chatbot pour aider contre le cyberharcèlement

L’association e-Enfance lance un chatbot pour aider les victimes de cyberharcèlement

A l’occasion du Safer Internet Day, une journée pour sensibiliser contre les dérives d’Internet, ce lundi 8 février, l’association e-Enfance, qui lutte contre le harcèlement, dévoile son chatbot. Disponible sur sa plateforme d’assistance Net-écoute, cet outil de conversation permet à l’utilisateur d’obtenir des informations pour faire face au harcèlement et en particulier au cyberharcèlement.

Samuel Comblez, directeur des opérations de l’association e-Enfance, explique : « Il était nécessaire de pouvoir proposer un outil qui accueille à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, et qui puisse donner les premiers éléments de réponses pour pouvoir se protéger. »

Ce chatbot, développé depuis avril dernier, « déjà performant », selon Samuel Comblez, va connaitre une phase de test : « C’est un robot qui doit apprendre par l’expérience. Plus il sera utilisé et mieux il fonctionnera. Nous verrons aussi là où il réussit et là où il échoue pour l’améliorer. »   Si «il n’a pas pour vocation de remplacer l’humain » précise Samuel Comblez, « il est intéressant pour lutter contre le cyberharcèlement car l’un des grands problèmes du cyberharcèlement c’est la viralité. Pour combattre cette viralité, c’est la vitesse de réaction qui aide. Plus vite la personne concernée nous contactera, plus vite elle aura des réponses et plus vite, elle pourra réagir. »

63% des 20-24 ans interrogés dans une enquête réalisée par OpinionWay et 20 Minutes ont déjà subi au moins une fois des actes de cyber violences.

Les résultats d’une étude de Pew Research, publiée en 2018 et concernant les adolescents, sont sensiblement proches. 59 % des adolescents confient avoir été victimes d’une forme de cyberharcèlement. Les mêmes comportements sont mentionnés : injures, menaces, diffusion de photos compromettantes…

Selon l’enquête réalisée en 2019 par OpinionWay, Facebook est de loin la plateforme la plus citée comme lieu de harcèlement (par 81 % des interrogés), suivi de Messenger (16 %), Twitter (15 %) et Snapchat (8 %).

Le cyberharcèlement : que dit la loi ?

Que les échanges soient publics ou privés, le cyberharcèlement est puni par la loi. En cas de harcèlement, la personne reconnue coupable peut être condamnée à un an d’emprisonnement, et jusqu’à 15 000 € d’amende. Mais dans les faits, en comparaison à la proportion de personne se disant victimes de cyberharcèlement, peu de procès ont lieux et ils sont aussi peu nombreux à donner suite.

Sur l’échantillon de l’enquête réalisé par OpinionWay et 20 Minutes, parmi les personnes qui se considèrent victimes de cyberharcèlement, une petite minorité seulement a décidé de porter plainte.

L’enquête précise que 24% des sondés ont déclaré ignorer que le cyberharcèlement est puni par la loi. Le nombre de plaintes est tout de même en nette augmentation depuis 2016.

Auriana Castro