février 09

Un journaliste égyptien de la chaîne Al-Jazeera libéré après quatre ans de prison

Mahmoud Hussein et sa famille émue au moment des retrouvailles.
Mahmoud Hussein était placé en détention préventive depuis décembre 2016 pour « incitation à la sédition contre l’État » et « diffusion de fausses informations ».

Après quatre années d’emprisonnement, le journaliste égyptien Mahmoud Hussein a pu rentrer chez lui, samedi 6 février. Il a été accueilli à son domicile du Caire par sa famille. Ses proches attendaient sa libération depuis le 23 décembre 2016, date de son arrestation. Sa fille, Elzahraa Mahmoud Hussein, étudiante à Paris, a longtemps dénoncé l’arrestation de son père.

Détenu depuis plus de quatre ans, il est accusé d’ »incitation à la sédition contre l’État » et « diffusion de fausses informations ». Producteur au siège d’Al-Jazeera, au Qatar, à Doha, il avait été arrêté alors qu’il s’était rendu en Égypte pour des vacances. Un mois avant, la chaîne avait diffusé un documentaire sur le service militaire obligatoire en Égypte comportant le témoignage d’anciens conscrits.

Il y a quelques jours, un tribunal avait approuvé la libération conditionnelle de l’homme de 54 ans dans l’attente des résultats de l’enquête. Il devra néanmoins pointer à un commissariat proche de son lieu de résidence deux fois par semaine.

« Un jalon inspirant pour la liberté de la presse »

Tout au long de sa période d’incarcération, il a été soutenu par son employeur qui a publié de nombreux articles, dénonçant les conditions de son arrestation. Dans un article publié à sa libération, le média qatari a salué « la nouvelle de la libération » de son journaliste et Mostefa Souag, le directeur général intérimaire d’Al Jazeera Media Network, a déclaré que la libération de Mahmoud Hussein est « un moment de vérité et un jalon inspirant pour la liberté de la presse ».

Depuis le début du Printemps arabe en 2011, plusieurs pays accusent Al-Jazeera de soutenir les révolutions. La chaîne fait l’objet d’une importante répression en Égypte depuis 2013. La libération du journaliste intervient après la reprise officielle des relations diplomatiques entre Doha et Le Caire. En juin 2017, L’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn avaient rompus leurs relations avec le Qatar, l’accusant de soutenir les Frères Musulmans.

Loïc Bessière