février 10

Les Alpes-Maritimes s’adaptent à l’apparition des variants de la Covid-19

Bernard Gonzalez, préfet des Alpes-Maritimes, et Romain Alexandre, directeur départemental de l’ARS, ont tenu hier matin à la préfecture des Alpes-Maritimes une conférence de presse sur la situation sanitaire du département, dont les variants de la Covid-19 représentent un enjeu crucial

Romain Alexandre, directeur départementale (Alpes-Maritimes) de l’ARS, a décrit hier matin au CADAM un taux d’incidence supérieur à 500 dans la métropole de Nice, contre 213 en moyenne dans toute la France. Photo Adrien Pain

« La Méditerranée nous rappelle la joie de vivre mais il nous faut rester prudents », a plaisanté hier Bernard Gonzalez dans le cadre d’une conférence de presse au CADAM (Centre administratif départemental des Alpes-Maritimes).

A partir de 10 heures et demi, le préfet des Alpes-Maritimes y a établit avec Romain Alexandre, directeur départementale de l’ARS (Agence régionale de santé), un bilan sur la crise sanitaire dans le département.

Michel Carles, infectiologue au CHU de Nice, Olivier Guerin, chef du pôle « Réhabilitation Autonomie Vieillissement » au CHU de Nice, et Emmanuelle Joubert, directrice départementale de la police aux frontières (PAF), ont notamment fait part de leur position vis-à-vis des variants de la Covid-19.

Le professeur Olivier Guerin a pointé le risque que le variant britannique devienne « majoritaire en raison de sa contagiosité élevée ». Il a ajouté : « Contrôler les variants brésilien et sud-africain est prioritaire car ils sont encore peu présents sur le territoire. »

Selon Bernard Gonzalez, la menace des variants est d’autant plus préoccupante que la région PACA est la plus impactée de France par la Covid-19, malgré une situation dans les hôpitaux « maîtrisée ». Depuis le début de l’épidémie, le coronavirus a fait 1 241 victimes dans le département selon l’ARS.

Des mesures en réponse à l’émergence des variants du Covid-19

Le professeur Olivier Guerin a déclaré que le vaccin constitue « une mesure barrière en plus, qui ne remplace pas les autres ». Photo Adrien Pain

L’apparition des nouveaux variants implique une vigilance accrue. Romain Alexandre explique la nécessité d’un « criblage plus rapide des tests positifs » avec davantage de tracing et d’isolement.

Alors que sept jours d’isolement étaient initialement requis en cas de contamination, la quarantaine s’élève à dix jours pour le variant sud-africain. Romain Alexandre affirme qu’il n’y a pas de cas du variant sud-africain détecté dans les Alpes-Maritimes.

Le professeur Michel Carles ajoute au sujet des variants : « Il ne faut pas s’attendre à ce que les choses se répètent. On ne sait pas ce qu’il adviendra. »

Contrôle renforcé des frontières et précision de la stratégie vaccinale

Emmanuelle Joubert, directrice départementale de la police aux frontières (PAF), a rappelé qu’il faut depuis ce week-end disposer d’un test PCR négatif pour rentrer en France. La mesure s’applique à la fois par les frontières terrestres et les aéroports.

Sans test PCR sous 72 h, les résidents en France sont verbalisés et les résidents à l’étranger sont refusés d’entrée sur le territoire, comme cela a été le cas pour 213 personnes depuis dimanche dernier au niveau des frontières terrestres.

La vigilance s’applique aussi à l’intérieur des frontières. « Ce qui change : la venue à domicile des infirmières libérales et des hébergements prévus pour éviter de contaminer son foyer », a énoncé Bernard Gonzalez.

Le préfet des Alpes-Maritimes a donné des précisions sur la campagne vaccinale dans le département. Le 7 février, un total 41 000 injections y avait été effectué. Les Alpes-Maritimes concentrent 26 % de la population des vaccinés de la région.

Michel Carles a mis en en garde sur le fait que les deux doses du vaccin « ne garantissent pas de ne pas être contaminant ». L’infectiologue a indiqué que les soignants disposent d’une bonne adhésion au vaccin avec notamment « 80 % des soignants de plus de 50 ans vaccinés au CHU de Nice ».

Priorité à la protection des plus âgés

D’autant plus en réaction au risque croissant des variants, Olivier Guerin déclare qu’il faut protéger en premier lieu les personnes âgées. Il s’appuie sur le fait que « 30 % des décès du coronavirus en France sont enregistrés en Ehpad, alors que ces lieux ne représentent qu’1 % de la population française ».

Le professeur préconise l’AstraZeneca en priorité pour les plus de 65 ans. Benoît Huber, directeur du cabinet du préfet, précise que les premières injections ont été partiellement suspendues pour achever la vaccination des plus âgés. D’ici fin mars ou début avril, il est prévu que tous les plus de 75 ans puissent bénéficier d’une première injection dans le département.

88 % des lits de réanimations sont occupés dans les Alpes-Maritimes. Afin d’en libérer certains face à la dangerosité des variants, des « lits intermédiaires » sont progressivement mis en place pour les cas considérés comme moins graves.

ADRIEN PAIN