Covid-19 : non, le couvre feu n’augmente pas les ventes d’alcool à domicile

Avec son entreprise « Le Bar et Vous », Angelico livre cocktails et boissons alcoolisées de toutes sortes directement chez les Cannois. Si l’opération semble être une aubaine en temps de couvre-feu, les restrictions sanitaires n’ont rien changé à son chiffre d’affaire.

Angelico, barman et créateur de la microentreprise de vente d’alcool en ligne « Le Bar et Vous »

Un « Cosmopolitan », livré à la maison : ce sera la première commande de la soirée pour Angelico. Le jeune homme va alors dans son « laboratoire », pièce de son appartement destinée à faire des cocktails. Une fois la boisson prête, il part la livrer en voiture.  

Sur le compte Instagram @le_bar_et_vous_officiel, le passionné de cocktails propose depuis 6 mois des boissons alcoolisées de toutes sortes, livrées directement à la porte.

« Les revenus de mon entreprise n’ont pas augmentés, contrairement à ce qu’on peut penser. » Le barman de profession est plus connu qu’avant la pandémie mais le manque d’évènements se fait ressentir : « les normes sanitaires freinent énormément parce que les gens ne peuvent pas recevoir comme ils le souhaitent chez eux » explique-t-il.

Ce ne sont pas les soirées clandestines qui lui permettent de développer son business, il n’en a jamais approvisionné. Selon lui, s’il était appelé pour une très grosse commande en temps de couvre-feu, ce ne serait pas à lui de demander des comptes aux clients. « Ce n’est pas ma responsabilité. Moi, je peux juste vérifier s’ils sont majeurs mais je ne rentre jamais chez les gens, je vends directement devant l’immeuble ou la maison. Je ne suis pas la police, ce n’est pas mon rôle. »

Pas de gain, mais pas de perte non plus

Son entreprise marche par la fidélisation des clients. Pour lui « les gens sont très sensibles au coté artisanal des cocktails, comme un petit commerçant. C’est un cercle fermé, ils se disent : « moi j’ai mon barman » et pour toutes les soirées. »

Cette micro-entreprise n’est qu’un complément de revenu pour Angelico. Si les bars sont fermés, il peut continuer à faire ce qu’il aime, en complétant son chômage partiel.

Quand la livraison se termine, le jeune barman lance à son dernier client « le bar est à moi, le reste est à vous ». Avant de rentrer chez lui pour attendre une nouvelle commande.

À Cannes, un barman au chômage partiel livre des cocktails.

Justine Segui (article) et Samuel Burel (vidéo)