février 12

Découverte d’un étonnant instrument à vent : un coquillage vieux de 18 000 ans

Des scientifiques ont découvert qu’un coquillage provenant d’une grotte des Pyrénées servait à produire des sons, il y a des milliers d’années. Ce serait l’un des plus anciens instruments à vent de ce type.

La reconstitution du jeu de l’instrument. © Carole Fritz et al. 2021 / illustration Gilles Tosello

Depuis près de 80 ans, un grand coquillage reposant au muséum de Toulouse conservait ses secrets. Jusqu’à ce qu’une équipe de scientifiques du CNRS fasse une étonnante découverte. La conque, provenant de la grotte de Marsoulas, aux confins de la Haute-Garonne et de l’Ariège, aurait servi à produire des sons, il y a près de 18 000 ans.

C’est lors d’un inventaire du matériel, au muséum de Toulouse, que des scientifiques se sont penchés sur ce coquillage préhistorique. 

Un coquillage bien spécial, puisqu’après les quelques flûtes découvertes en Europe, dans un passé plus lointain, il serait l’un des plus anciens instruments à vent.

Trois sons différents produits par le coquillage

D’après l’étude, tout semble en tout cas l’indiquer. Tout d’abord, parce que sa pointe, sa partie la plus solide, est cassée sur 3,5 cm. Rien d’accidentel selon les chercheurs. L’ouverture du coquillage est également retouchée, l’une de ses spires est même perforée. 

Nos ancêtres semblaient en plus accorder du crédit à l’apparence de l’instrument, la coquille étant décorée avec un pigment rouge, de l’hématite.

Après des milliers d’années de repos, le coquillage appartenant à l’espèce Charonia lampas (triton à bosses) n’a en tout cas pas perdu toutes ses propriétés. Elle peut encore servir à la production de sons. 

Un joueur de cor est même parvenu à en produire trois. Des sons qui se rapprocheraient des notes de musique « do, do dièse et ré ».

Par précaution, des impressions 3D de la conque ont été effectuées. Les chercheurs vont désormais tenter de produire d’autres notes. 

Dorian VIDAL