Covid-19: Didier Raoult a-t-il toujours vu juste?

Le professeur Didier Raoult publie ce jeudi 11 février son nouveau livre pour « faire le tri entre la manipulation et l’information » sur ses propos. Depuis le début de la pandémie, le professeur multipliait les prédictions contredites. Buzzles a analysé pour vous plusieurs de ses affirmations révélées fausses par la suite.

Le très controversé professeur Raoult, a publié le 11 février son nouveau livre. Dans « Carnet de Guerre Covid-19 », le microbiologiste revient sur « le plus grand scandale sanitaire du 21-ème siècle » sous-titre-t-il. Paru aux éditions Michel Laffont, le livre reprends les principales prises de paroles du professeur à l’Institut hospitalier universitaire (IHU) Méditerranée Infection, qu’il dirige, ainsi qu’au Sénat et à l’Assemblée Nationale.

Le professeur précise dans la préface n’avoir « ni ajouté, ni retranché aucun mot à ce verbatim » pour « faire le tri entre la manipulation et l’information ». A l’occasion de la sortie de son livre, retour sur les prises de paroles les plus hasardeuses/controversés du professeur Didier Raoult

« Il n’y a nulle part de deuxième vague »

Début mai, la France est au cœur de l’épidémie de Coivid-19. Les premiers effets positifs du confinement commencent à transparaitre, les hospitalisations et les morts baissent laissant envisager un déconfinement. Sur la chaine YouTube de l’IHU Méditerranée Infection et dans tous les médias auxquels il est invité, le professeur répète qu’il n’y aura pas de deuxième vague en France.  

« On voit que cet épisode est en train de se résoudre, et qu’il n’y a nulle part de deuxième vague ou de dos de chameaux, l’épidémie est en train de terminer ».

La réalité est bien différente, selon les chiffres de Santé Publique France, entre le 24 et le 30 aout, plus de 36 786 nouveaux cas sont confirmés.

Après s’être stabilisé pendant l’été le nombre d’hospitalisations et de décès repart également à la hausse forçant les métropoles le plus touchés par le virus à reprendre des mesures. Un couvre-feu est instauré début octobre et un nouveau confinement le 30 octobre. Santé publique France parle alors de « deuxième vague de l’épidémie ».

« Ça nous apparaît lié à des formes qui sont moins graves »

Devant la commission d’enquête du Sénat le 15 septembre le professeur déclare que les mutations de ce Covid-19 sont moins dangereux. L’épidémiologiste répètera ses propos plusieurs jours plus tard sur la chaine de l’IHU de Marseille.

« Les mutants qu’on a sont plutôt des formes dégradées de la forme initiale. C’est plutôt notre impression. C’est très compliqué de deviner le pouvoir pathogène d’un virus en voyant sa séquence. Personne ne sait vraiment le faire. Mais globalement, nous, ça nous apparaît lié à des formes qui sont moins graves »

Selon un rapport publié par « Public Health England », l’agence de protection de la santé au Royaume-Uni, le nouveau variant serait plus contagieux que les autres. L’étude s’appuie sur les chiffres du nombre de morts et de nouveaux cas journalier. Elle est citée par le premier ministre Boris Johnson lors de sa conférence de presse le 22 janvier.

«L’hydroxychloroquine est associée à la réduction de la charge virale chez les patients COVID-19»

Le 16 mars le professeur Didier Raoult, teste pour la première fois l’hydroxychloroquine pour les patients atteint du Covid-19. Pour lui les résultats sont clairs et cette molécule permet une « guérison virologique ».

Le professeur publie ensuite plusieurs autres études sur les effets de l’hydroxy-chloroquine. Dans ses études les patients reçoivent 600mg de la molécule par jour pendant 10 jours et 70% d’entre eux n’ont plus de trace du virus au bout du traitement.

« Notre enquête montre que le traitement par l’hydroxy chloroquine est significativement associée à la réduction/disparition de la charge virale chez les patients COVID-19 »

D’autres études publiés en mai et juin 2020, par des chercheurs américains ne révèle aucun effet de la molécule sur les patients testés. Au contraire lors de cette étude, les chercheurs suggèrent un lien entre une hausse de la mortalité chez certains patients et l’hydroxychloroquine prescrit à ces mêmes patients.

Les chercheurs recommandent d’attendre les résultats d’études plus longues pour savoir si cette molécule est vraiment efficace et si elle ne cause pas les nombreux possibles effets secondaires indiqués par ses fabricants.

Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), l’hydroxychloroquine est un médicament «  à marge thérapeutique étroite  », ce qui signifie que la dose curative et la dose toxique sont très proches. En cas de surdosage ou de mauvaise utilisation, ils sont hautement toxiques.

En France, le Haut Conseil de la Santé Publique recommande de ne pas utiliser l’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19, et le gouvernement a modifié le cadre de sa prescription pour interdire sa distribution pour les personnes atteintes de la Covid-19