MICROLOGIQUE : 2e émission pour la radio sur l’écologie urbaine

Micrologique, la radio mensuelle sur l’écologie en milieu urbain, revient avec une deuxième émission ce 6 Mars 2021.

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Les Chroniques

Au micro de Micrologique, Clara Besnard parle de l’association “En Vert Et Contre Tout”. Une association qui met en place « Février sans supermarché”, une initiative qui séduit les français mais aussi les producteurs locaux. 

“L’astuce écolo”  

Le plastique est recyclable, mais attention, pas n’importe lequel ! Lucie Cammas vous explique comment mieux comprendre, analyser et trier vos déchets.

Lucie : La première chronique concerne les voitures électriques et leur impact sur l’environnement. Nous rejoindrons Clara Besnard au volant.   

Chronique de Clara Besnard sur les voitures électriques  

Les villes sont de plus en plus sujettes à des pics de pollution. Les conditions météorologiques accompagnées de fortes émissions de polluants rendent l’air beaucoup moins respirable. Un des principaux responsables ? Le secteur des transports. Les véhicules rejettent du CO2 autrement dit le dioxyde de carbone, en partie responsable de l’effet de serre. Lors d’embouteillages au sein des villes, des milliers de voitures se retrouvent agglutinées au même endroit, ce qui rend l’air parfois irrespirable. Pour résoudre ce problème, les industriels cherchent à généraliser l’usage de voitures électriques. Ces voitures sont aussi appelées véhicules « zéro émission », mais attention ce n’est pas pour cela qu’elles ne polluent pas. En roulant, la voiture électrique ne rejette certes aucun gaz, pourtant elle pollue tout de même.

De quelle manière la voiture électrique peut-elle polluer ? 

La voiture électrique pollue à cause des matériaux utilisés pour la produire. À la production, une voiture électrique émet donc déjà 50% de CO2 de plus qu’une voiture thermique. La construction d’un tel véhicule demande en effet beaucoup plus d’énergie. La batterie et le moteur nécessitent des matières premières rares comme l’europium, le samarium et le gadolinium. Une quantité très importante de ressources est nécessaire pour extraire ces métaux, sans parler de la pollution des eaux et des sols qui augmente avec l’exploitation de ces zones.

Et qu’en est-il de l’électricité en elle-même ?

Et bien pour faire marcher un véhicule électrique il faut que les batteries soient chargées avec de l’électricité, mais la production de cette énergie peut parfois énormément polluer. Elle se fait en partie avec du gaz et du charbon dans de nombreux pays. Mais en France elle est en majorité créée grâce au nucléaire. En 2019, EDF annonçait que 87,7% de l’électricité qu’elle fournissait provenait du nucléaire. Cela n’empêche pas d’émettre du CO2 mais en quantité moindre par rapport aux centrales à charbon. Il faut aussi noter que les déchets nucléaires posent de réels problèmes.

Que fait-on avec les batteries par la suite ?

Et bien là ça se complique, il faut les recycler mais leur recyclage est très complexe. En plus de cela, le rythme de recyclage doit aussi être très soutenu. Une batterie a une durée de vie d’environ 10 ans, il faut donc régulièrement les changer. Aujourd’hui la France compte très peu d’usines de recyclage pourtant il va en falloir de plus en plus. Les achats de voitures électriques ne cessent de croître. Les procédés de valorisation des métaux pourraient donc évoluer. Aujourd’hui il est difficile de séparer l’entièreté des métaux qui ont été mélangés. D’après LCI, l’usine d’Indra spécialisée dans le recyclage de voitures, recycle actuellement 65% du poids des batteries. 

La voiture électrique est-elle donc une mauvaise idée pour moins polluer ?

La voiture électrique est une bonne initiative pour réduire les émissions de CO2 à certains endroits du globe, mais à l’échelle de la planète, il ne faut pas oublier que ces véhicules polluent quand même, et peut-être encore plus.  Les énergies renouvelables sont en train de se développer, ce qui pourrait rendre l’impact de ces voitures plus faible. La meilleure solution est encore de repenser certains de ses déplacements, on n’a pas forcément besoin de prendre sa voiture pour aller à la boulangerie qui se trouve à 5 minutes à pied.

Chronique sur la Loi Egalim de Chloé Bounameaux

Lucie : Peut-être connaissez-vous la loi égalim qui vise les cantines scolaires. L’objectif du texte est simple, créer des lieux de restauration sains et respectueux de l’environnement.  Chloé Bounameaux nous en parle. 

Le dimanche 7 février a été publié dans le journal officiel, le décret du 6 février qui met en place “un plan relance”. Une aide en faveur des communes rurales et de leurs établissements publics désireuses d’équiper leur restaurant scolaire pour s’adapter au mieux à cette loi. 

L’Afp a expliqué dans une dépêche le 7 février que l’État subventionnera les cantines scolaires de maternelle et de primaire dans les zones rurales. Ces subventions serviront pour s’équiper et s’adapter dans le but de respecter la loi. 

Qu’est-ce que la loi “égalim” et que dit – elle ? 

Egalim c’est tout d’abord la “Loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous”. Cette loi date du 30 octobre 2018 et vise à l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous.

La loi est répartie en 5 titres, en ce qui concerne les restaurants scolaires, ce qui nous intéresse se situe au niveau du titre 2 : les mesures en faveur d’une alimentation saine, de qualité, durable, accessible à tous et respectueuse du bien-être animal. 

Concernant l’environnement, la loi promet qu’au plus tard, le 1 er janvier 2025, l’utilisation des contenants de cuisson et de service en matière plastique dans les établissements scolaires et universitaires sera remplacée par des contenants plus respectueux de l’environnement. Les cantines sont désormais autorisées à faire des dons alimentaires afin d’éviter un gaspillage monstre dans nos cantines, alors que jusqu’à maintenant tous les déchets allaient à la poubelle.

Comment mettre ces décisions en place quel en serait le coût ?

Cette loi nécessite un temps d’adaptation bien sûr, la mise en pratique s’avère plus compliquée puisque selon une enquête réalisée par l’AFM, seul 19 % des collectivités respectent dès à présent l’obligation d’inclure à 50 % de produits durables et de bonne qualité dans le repas, dont 20 % de bio. Pire encore, ils sont seulement 36 % à penser pouvoir respecter les objectifs fixés par la loi au 1 janvier 2022. 

Ce service public est facultatif pour les restaurants scolaires, mais donne une opportunité de donner une éducation alimentaire aux enfants et les communes demandent un accompagnement renforcé par l’Etat. 

Le coût moyen global d’un repas, hors participation des familles, est estimé à 7,63 € minimum en incluant les denrées, le personnel et les coûts d’exploitation. Le coût du personnel représente la première part, 3,46 € devant l’achat des denrées alimentaires, 2,78 € et l’exploitation, estimation basse à 1,16 €. Cependant le coût du personnel est variable puisqu’il est plus élevé dans les grandes communes. À l’inverse, le coût des denrées alimentaires est plus important dans les communes de moins de 2000 habitants et s’élève à 2,89 €. 

Ce qu’il faut donc retenir de cette loi, c’est qu’elle propose au moins 1 repas végétarien par semaine, plus de qualité alimentaire dans les assiettes des élèves. Fini le plastique dans les cuisines : les bouteilles, les couverts et services donnés aux élèves lors des grèves. D’ici 2025, 50 % de l’alimentation proposée doit être durable ou de bonne qualité avec une traçabilité des produits. Plus de produits bio d’ici 2022 mais plus aucun gaspillage alimentaire. En bref, une éducation alimentaire pour les élèves et plus de respect pour l’environnement.   

Alors maintenant moins de “maman, je ne veux plus manger à la cantine” mais plus de « Laisse-moi aller manger à l’école. »

Chaque mois un chiffre, chaque mois une personnalité, Clara la parole est à vous. 

Le chiffre/ personnalité du mois 

Pour la personnalité du mois cette fois-ci c’est plus qu’une personnalité que l’on vous présente : c’est l’équipe du site En Vert Et Contre Tout.

Chaque mois de février l’équipe de ce site organise « Février sans supermarché ». Le but est simple : déserter les supermarchés pendant quelques semaines pour, par exemple, aller faire ses courses au marché, acheter des paniers proposés par les AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) ou encore acheter son pain chez le boulanger. L’achat de produits en vrac est aussi valorisé. Pour aider les participants et participantes, En Vert Et Contre Tout propose de rejoindre des groupes locaux sur les réseaux sociaux pour pouvoir échanger des adresses de producteurs ou encore se donner des conseils pour mieux consommer. De nombreux avantages sont mis en avant par les rédacteurs et rédactrices pour promouvoir l’initiative. Le projet ne fait pas chou blanc. En Vert Et Contre Tout a réussi à exporter « Février sans supermarché » dans de nombreux pays francophones mais aussi en Espagne et en Suède.

Lucie : Un ferme parisienne – ce n’est pas un oxymore. Les fermes urbaines se développent de plus en plus et c’est Louise Bes qui va nous en parler. 

Chronique sur la ferme urbaine d’Éole à Paris par Louise Bes : 

Ce mois-ci, direction la ferme ! Une ferme un peu particulière parce qu’elle se situe au nord de Paris, en plein milieu du 18e arrondissement. Une ferme urbaine qui séduit les habitants et qui redonne un peu d’espoir à la vie du quartier. 

L’initiative vient de l’association Les fermes d’espoirs, qui voit un enjeu double dans l’instauration de ces fermes en ville. Un premier enjeu environnemental et un second sociétal. Cette ferme située en plein cœur du quartier de Stalingrad au Jardin d’Eole n’est pas la première ferme urbaine dans la capitale puisqu’il en existe déjà six autres implantées dans tout Paris. Ces fermes ont pour but la reconquête et la requalification des territoires. Elles investissent prioritairement les espaces “dégradés” comme les friches urbaines, les espaces envahis par les déchets ou encore les territoires enclavés et délaissés. Le but étant de reconnecter les riverains avec la nature et les animaux.

L’association met en avant l’éducation à l’environnement en accueillant des écoles, des jeunes du quartier et des bénévoles de tous les horizons. Les fermes d’espoir collaborent avec des associations contre la maltraitance animale et recueillent des animaux de ferme maltraités ou abandonnés.

Quels sont les enjeux écologiques ?

Il existe de nombreux enjeux sur le plan écologique car les fermiers se sont engagés dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, ont instauré l’éco-pâturage, la restauration interne végétarienne et une production agricole en permaculture. Dans la ferme du jardin d’Eole, ils collaborent avec l’IME, l’institut médicoéducatif de leur quartier, qui leur apporte les restes de la cantine pour donner aux animaux.

Mais accueillir des animaux de ferme en souffrances n’est pas si simple que ça, ce sont des soins, beaucoup de soins, c’est regagner leur confiance, c’est énormément de logistiques, d’hectares de terrains, ce sont des tonnes de foins, de pailles, de nourritures.

Amener un bout de campagne en pleine ville est une opportunité pour les enfants du quartier de découvrir les animaux et la vie à la campagne. Pour Solal, jeune enfant qui vient profiter de la ferme d’Eole et interviewé par Brut, c’est une très belle initiative. Solal aime les animaux, surtout les moutons et explique que “voir des animaux ça apaise, ça te relaxe. La ferme urbaine invite à la biodiversité et la valorisation des animaux au cœur de la société et des centres villes”.

Quel est le deuxième enjeu de cette ferme ?

Le deuxième enjeu de cette ferme dans le parc d’Eole était de ramener de la confiance dans le quartier. Ce parc situé entre le quartier de Stalingrad et « l’ex-colline du Crack » était craint et déserté par tout le quartier à cause de l’insécurité liée aux nombreux trafics de drogues. Ce jardin connu sous le nom de « parc des crackers » a beaucoup changé en un an. Maintenant ce sont des poules, des lapins et des cochons qui peuplent le parc. Les familles sont de retour et se promènent chaque jour pour visiter la ferme d’Eole.

Lucie : Merci Louise pour cette chronique presque à la campagne.

Dans cette émission, le sport se prête aussi à l’actualité écologique – c’est ce qu’explique Juliette Bujko avec les parkours écolos.

Le « parkour écolo”, une chronique de Juliette Bujko

Vous connaissez sûrement le « parkour », un sport qui consiste à franchir des obstacles urbains ou naturels sans matériel, mais connaissez-vous le “parkour écolo” ? Yanis et Maxime, eux, ont décidé de mettre leurs talents au profit de la transition environnementale. 

En janvier, leur vidéo fait le buzz sur les réseaux sociaux comme Tiktok, Instagram ou encore Twitter : Yanis et Maxime sont deux jeunes marseillais, deux « traceurs ». Ils pratiquent le parkour depuis cinq ans. Le 18 janvier, ils décident de reproduire une action qu’ils ont déjà vu faire à Aix-en-Provence. Dans les rues Saint-Ferréol et Paradis de Marseille, les deux hommes s’élancent sur les murs des enseignes lumineuses et appuient tout simplement sur l’interrupteur ! 

Quel est le but de cette action ?

Deux mots : pollution lumineuse ! Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de passer dans la rue la nuit et de voir que les enseignes restaient allumées alors que le magasin était fermé ? Selon l’arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses, « les éclairages des vitrines de magasins de commerce ou d’exposition » sont supposés être « éteints au plus tard à 1 heure ou une heure après la fin d’occupation desdits locaux ». La loi avait pour but d’économiser l’équivalent de la consommation d’électricité annuelle de plus de 370 000 ménages. Pour plusieurs associations, cette mesure est insuffisamment appliquée. Pourtant selon le ministère de la Transition écologique, la pollution lumineuse représente un gaspillage énergétique considérable. Par ailleurs, elle perturbe les systèmes de la biodiversité : les papillons ou encore les batraciens peuvent être gênés par cette pollution lumineuse. Yanis déclare sur France 3 : « Impacter sur la consommation d’électricité, sur la pollution lumineuse, parce que c’est de l’électricité bêtement utilisée. »

Cette action n’est-elle pas dangereuse ?

Cette action n’est pas anodine : la plateforme TikTok a d’ailleurs ajouté sous la vidéo de Yanis et Maxime une mention spéciale. « L’action de cette vidéo peut entraîner des blessures graves ». Le but n’est pas d’inciter les gens à reproduire leurs acrobaties, mais pour les deux marseillais, « chacun peut faire quelque chose à son échelle, petit ou grand ». Certains trient leurs déchets, d’autres sautent sur des murs, chacun son truc ! Au-delà du geste, il s’agissait surtout de sensibiliser le grand public à la protection de l’environnement. Ce type d’intervention, connu sous le nom de « lights off » est également mené par des collectifs et des associations comme Youth for Climate et le Clan du néon. Pas de casse, pas de violence, cependant on rappelle que cette action sort du cadre du droit et peut se retourner contre celui qui la mène. 

Pour conclure cette émission, l’astuce écologique par Lucie Cammas 

Ouverture facile, mais tri difficile. Aujourd’hui, nous nous intéressons au recyclage de nos emballages plastiques. Le plastique se recycle, vous le savez tous, il va dans la poubelle jaune. Mais tous les plastiques ne sont pas recyclables. Et c’est bien là qu’est le problème puisque le tri sélectif est mal fait. La petite astuce du mois, c’est de savoir comment reconnaître les bons et les mauvais plastiques.

Quand vous faites vos courses, vous achetez des produits alimentaires ou encore des produits de beauté comme les shampoings. Bien évidemment, le type de plastique utilisé est différent. C’est logique, on n’utilise pas le même plastique pour emballer une tablette de chocolat et pour créer un tube de dentifrice. Pour identifier les composants de vos emballages, il suffit de regarder au dos du produit. Il apparaît alors un triangle avec un numéro à l’intérieur. Ces numéros vont de 1 à 7 car il existe 7 catégories de plastiques différents. D’un côté, il y a les bons plastiques et de l’autre les mauvais : Parmi les numéros à éviter, on retrouve le 3, le 6 et le 7. 

Le numéro 3 signifie que votre emballage est en PVC, le même plastique utilisé pour l’isolation d’une maison par exemple. Le numéro 6 désigne le polystyrène : ses composants sont mauvais pour la santé. Le numéro 7 est à fuir puisque la composition de ce plastique reste floue. 

Les bons élèves sont les numéros 2, 4 et 5. Dans un premier temps, ces emballages sont souvent plus sains et ne contiennent pas de perturbateurs endocriniens. En plus de cela, ils sont également plus facilement recyclables. 

Au dos de vos emballages vous retrouvez souvent le petit message « pensez au tri sélectif » représenté avec un bonhomme qui ouvre une poubelle. Mais attention ce n’est pas parce que ce message apparaît sur le produit que ce dernier est 100 % recyclable. Bien souvent, un petit message sous ce logo apparaît pour vous indiquer quelles parties de vos emballages sont recyclables. Et c’est aussi là qu’apparaît toute la nuance du tri sélectif, parfois votre bouteille de shampoing est recyclable, mais pas son bouchon par exemple. Cela peut paraître casse-tête, mais une fois le principe bien compris, c’est un jeu d’enfant. À préciser que de plus en plus de marques passent aux emballages 100 % recyclables. 

L’ouverture est facile et maintenant, le tri l’est aussi !

Clara, Chloé, Juliette, Lucie, Louise