avril 12

En temps de pandémie, ces petits jouets qui vous font vibrer

Pour tromper l’ennui en couvre-feu ou en confinement, quoi de mieux qu’un orgasme ? Les sex-shops et loveshops l’ont compris. Depuis le début de la pandémie, les ventes de sextoys, de lingerie et d’accessoires en tout genre sont en hausse.

Crédit: Unsplash

Ils sont nombreux à ne jamais avoir osé sauter le pas. Pourtant, la pandémie marque l’expansion du marché du sextoy. D’après une étude Ifop pour le site Passage du désir, trois français (hommes et femmes) sur dix ont utilisé un sextoy en 2020, soit 30 % contre 25 % en 2017. Une entreprise loin de la crise économique puisque, pour l’exemple, le « Womanizer », stimulateur clitoridien, a connu un immense boom des ventes : celles-ci ont été multipliées par trois dans le monde et plus de deux fois en France (+153 %).

Un succès tout public

Catherine est vendeuse à Easy Love, un loveshop situé à Villeneuve-Loubet. Pour elle, pas de doutes : rien de tel que le plaisir pour s’occuper. « Je dirais que depuis le premier confinement, les gens se sont essayés à de nouvelles pratiques. Ça leur a donné des envies d’être confiné, de se retrouver à deux. Forcément, les gens sont enfermés chez eux et tentent d’occuper leurs soirées comme ils peuvent ». De son côté, la hausse des ventes n’est pas le phénomène le plus remarquable. Ce que Catherine observe, c’est la diversification de la clientèle : « On a une nouvelle clientèle qui est de plus en plus jeune. Des gens en détresse affective, qui achètent un premier sextoy. On voit aussi de plus en plus de groupes de copines ». Et contrairement aux idées préconçues, l’usage des sextoys s’inscrit davantage dans un cadre conjugal que solitaire… D’après la même étude Ifop, la part de la population en ayant déjà utilisé à deux est de 46 % contre 34 % en ayant utilisé seul. « C’est marrant parce qu’on a vu arriver des couples qui n’avaient sûrement jamais passé la porte d’un magasin comme le nôtre et qui finalement ont été très curieux de découvrir de nouvelles pratiques » confie Catherine.

Pour Valentine, étudiante en école de commerce à Nice, plus question de se passer de ces petits jouets : « J’ai acheté mon premier sextoy pendant le premier confinement. Ma vie sexuelle était inexistante. Ça m’a permis de redécouvrir mon corps et mon plaisir ». Quant à Nathan, étudiant en communication à La Garde, les sextoys ont été bénéfiques dans sa relation amoureuse : « J’ai enfin sauté le pas avec ma copine pendant le premier confinement. Au début, elle était un peu gênée et moi aussi. Mais finalement, on a pu évoluer sur le plan sexuel. J’ai découvert de nouvelles manières de lui faire plaisir, et elle aussi avec d’autres accessoires ». Preuve que les sextoys ne sont plus un tabou, à l’heure où la parole se libère autour des questions liées notamment au plaisir féminin. « Je pense que ça a aidé à une forme de popularisation et de libération du marché du sextoy » affirme la vendeuse de Easy Love.

La vente en ligne fait également vibrer ses clients : depuis le début des mesures sanitaires, beaucoup de sites érotiques mettent en vente de nouvelles choses. Packs à thème « couvre-feu » contenant vibromasseur ou encore huile de massage, de quoi combattre la routine et la solitude de ces soirées à la maison.

Juliette Bujko