septembre 20

Campus Bastide Rouge : une rentrée qui « manque de vision sociale »

Ouverte depuis mai 2021, l’université de la Bastide Rouge, située à Cannes, accueille l’ensemble des mille élèves depuis le lundi 13 septembre. Mais certains étudiants grincent des dents face à l’absence de restaurant universitaire et le manque de préparation pour accueillir tout le monde.

Il est à peine midi que déjà, les étudiants nouvellement installés dans le campus de la Bastide Rouge s’affairent autour des tables à manger. Salades de pâtes maison et lasagnes lyophilisées sont au menu du jour. Face à eux, pas de restaurant universitaire, le Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) semble s’être fait la malle.  À la place, un restaurant-snack issu d’une société privée nommé Karma kitchen. « Des plats préparés par des chefs locaux, avec des ingrédients diététiques et biologiques », détaille fièrement Jennifer Court, gérante du snack. Des repas de qualité, certes, mais jugés « trop chers » par de nombreux étudiants. « L’année dernière, lorsque j’étudiais sous le statut de boursière, j’avais le droit aux repas Crous à un euro. Ici, je dois débourser huit euros, voire plus, pour manger le midi. Je ne trouve pas ça normal », témoigne Chloé, étudiante en deuxième année de Dut Info-Com, aussitôt confortée par ses camarades.

« Le Crous a été rejeté des appels d’offre, rien n’est prévu pour le moment », précisent la cheffe de Département Info-Com Marianne Denuelle et Jennifer Court elle-même. Le restaurant, annoncé sur le site de l’agglomération Cannes Pays de Lérins pour la rentrée 2022 (avant d’être récemment effacé), et qui devait s’ajouter aux 801 autres sites de restauration présents en France, ne verra donc pas le jour (1).

Karma kitchen semble avoir supplanté le restaurant universitaire. Certains étudiants espèrent que la question du restaurant universitaire sera réétudiée à l’avenir – Crédit photo : A.C.

Des micro-ondes au compte-goutte

Un autre problème survient lorsque les étudiants décident d’amener leur propre nourriture. « J’étais surpris quand j’ai vu que le seul micro-onde présent était celui de Karma kitchen !, s’exclame Louis, étudiant en première année de techniques de commercialisation (TC). Et impossible de faire chauffer sa nourriture sans payer une consommation. C’est absurde », conclut-il, dépité. Quelques jours plus tard, un micro-onde indépendant est installé via l’initiative d’une professeure. Trois autres sont censés suivre (toujours grâce aux enseignants).

Avec, pour l’instant, un micro-onde pour 1000 étudiants, le repas du midi peut vite devenir pénible. Les élèves attendent parfois une vingtaine de minutes avant de pouvoir faire chauffer leur plat – Crédit photo : A.C.

Un manque de préparation qui consterne certains professeurs. « J’ai l’impression qu’on paie un peu l’aspect cannois, qui manque de vision sociale », déplore Philippe Continsouza, professeur d’anglais. Outre l’alimentation, l’absence de distributeurs de protections hygiéniques, de cendriers et le manque de poubelles donnent la sensation d’un campus « inachevé ».

Arnaud Ciaravino

(1) Le Crous Nice-Toulon et l’agglomération Cannes Pays de Lérins n’ont pas donné suite aux demandes d’interview.