septembre 22

« À qui je peux faire confiance, à quoi je peux faire confiance ? »

« Boîte Noire », le dernier film de Yann Gozlan avec Pierre Niney, reçoit un très bon accueil par la critique depuis sa sortie le 8 septembre. Retour sur la performance d’un acteur en vogue.

Affiche officiel du film « Boîte Noire » par Yann Gozlan (source: Movie Meter)

Vous le connaissez pompier, créateur, dealeur ; dans son nouveau film, « Boîte Noire », vous le connaîtrez technicien au BEA (bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile). Pierre Niney incarne Mathieu Vasseur, personnage tourmenté et obsessionnel. Nommé enquêteur en chef sur une catastrophe aérienne inédite, le crash du vol Dubaï-Paris dans le massif alpin, Mathieu veut à tout prix découvrir la vérité sur les circonstances de l’accident.

Pour sa deuxième collaboration avec le réalisateur Yann Gozlan, après « Un homme idéal » sorti en 2015, le favori du public joue l’angoisse, les tourments d’un homme qui vireront peu à peu à l’obsession : « il est baladé sans cesse entre ce qui est vrai et ce qui est faux, à qui je peux faire confiance, à quoi je peux faire confiance ? » explique Pierre Niney lors d’une interview pour LCI. 

Acteur caméléon

Mais l’acteur français ne se contente pas de jouer un rôle : il devient son personnage. Il a vécu quatre mois dans une caserne de pompier où il aura pris 9 kilos de muscles pour le film « Sauver ou périr », il a appris l’allemand et le violon pour « Frantz »… Aujourd’hui, Pierre Niney passe encore du temps au cœur du sujet. « J’ai visionné pendant des heures le rythme des vrais techniciens et la façon dont ils pianotent sur leurs claviers d’ordinateur. Je me nourris de tous ces détails » confie-t-il. « J’ai toujours envisagé ce métier comme ça, comme un terrain de jeu où j’ai envie de faire des choses très différentes. »

André Dussollier et Pierre Niney dans « Boîte Noire » (source: Allociné)

Thriller terriblement délicieux, où la paranoïa du personnage principal, portée par le jeu de Niney, finit par nous gagner : quelle est la vérité, suis-je en train de devenir fou ? La bande sonore participe au climat anxiogène du film, on prête attention à chaque bruit, chaque silence, la musique résonne au rythme de l’enchaînement des scènes… Au fur et à mesure, les pièces du puzzle s’assemblent au travers d’images consciencieuses et délicates. Comme l’a si bien dit Marie-Nille Pintal, « serait-ce cela l’amour, ce mélange d’angoisse et de bonheur à la fois ? »

Maîtrisé à l’écran par Lou de Laâge ou encore Sébastien Pouderoux, le scénario se démarque par son originalité. Documenté et remarquable, un long-métrage qui plaît au public depuis sa sortie le 8 septembre.

Juliette Bujko