ALLIER TRAVAIL ET ÉTUDES, LES ÉTUDIANTS VOIENT ROUGE

Augmentation des loyers, frais d’alimentation, dépenses liées à la crise sanitaire… cette année particulièrement, la rentrée pour les étudiants est plus que coûteuse.

Le prix moyen d’un loyer en France, entre 450 et 600€/mois pour un étudiant, charges comprises. Il faut également compter environ 200€/mois de courses ; le tout sans aborder le sujet des sorties, de la mutuelle, ou encore des transports en commun. Les aides proposées ne sont pas suffisantes pour vivre correctement : les APL (Aides Personnelles au Logement) varient entre 100 et 170€/mois. Certains peuvent bénéficier de la bourse, mais encore faut-il répondre à plusieurs critères sociaux. Selon les indicateurs de la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes), le coût moyen de la rentrée pour un étudiant non boursier augmente cette année de 31€ par rapport à la rentrée 2020.

« Je n’ai pas le choix d’avoir un job à côté de mes études »

Emma a 22 ans et est étudiante en communication. Tous les dimanches, c’est à la Fnac que la jeune femme se rend pour une journée de travail. « Je n’ai pas le choix d’avoir un job à côté de mes études, car mes parents n’ont pas assez de moyens et ne peuvent pas m’aider financièrement parlant », confie-t-elle. Avec 350 euros supplémentaires chaque mois, l’étudiante va pouvoir payer son loyer, ses courses et, pourquoi pas, s’autoriser quelques sorties. Après une année passée sans job étudiant et « un compte en banque entièrement à découvert », Emma reconnaît aujourd’hui « une aide indispensable ».  

La jeune femme est loin d’être la seule dans cette situation : d’après l’Observatoire E. Leclerc des Nouvelles Consommations, en 2019, 73 % des étudiants français sont tenus de travailler pour subvenir à leurs besoins.

Mais encore faut-il réussir à tenir ce mode de vie, souvent pénalisant pour le parcours scolaire. Selon l’ancien ministre socialiste Benoît Hamon, « les étudiants qui échouent le plus aux diplômes sont ceux qui sont obligés de travailler ». 

Originaire de Fréjus, Baptiste est étudiant en licence économie gestion à Dunkerque. Manque de moyens, il a dû enchaîner les petits boulots et est actuellement serveur. Mais ce choix a bien failli lui coûter l’obtention de son diplôme l’année précédente. « C’est très difficile d’allier les deux. Il faut être très organisé pour pouvoir réussir à suivre les cours et assurer les examens quand on travaille à côté », explique-t-il.

Face à ce constat et aux conséquences qu’a eu la crise sanitaire sur la précarité étudiante, le gouvernement a instauré certaines mesures d’aide pour la rentrée. Par exemple, le budget alloué au Crous pour verser des aides financières à l’ensemble des étudiants (boursiers ou non) a été doublé. L’objectif est d’atteindre 100 000 bénéficiaires d’ici la fin de l’année 2021. 

Rachel Contensou