septembre 27

La contraception est-elle seulement une affaire de femme ?

Le ministre de la Santé a annoncé ce jeudi 9 septembre la gratuité de la contraception pour les femmes jusqu’à 25 ans à partir de janvier 2022. Bien que cette nouvelle soit encourageante, elle tend à poser la question de la part d’investissement des hommes dans la contraception.

La contraception gratuite pour les femmes jusqu’à 25 ans – Crédit Photo Pixabay

La mesure annoncée par le ministre de la Santé prendra effet le 1er janvier 2022 et coutera 21 millions d’euros à l’Etat. Seront gratuites toutes les contraceptions déjà prises en charge auparavant : certaines pilules, dont les premières et deuxièmes générations, le stérilet (DIU) hormonal ou en cuivre, l’implant contraceptif ainsi que le diaphragme. Le patch, les pilules de troisième et quatrième génération, le préservatif féminin, le spermicide, l’anneau vaginal ou encore la contraception définitive ne seront eux, pas remboursés. Une contraception gratuite, mais pas seulement précise Olivier Véran : « Il y aura une prise en charge de la contraception hormonale, du bilan biologique qui peut aller avec, de la consultation de prescription et de tous les soins qui sont liés à cette contraception ».

« Une fausse bonne nouvelle »

Une contraception gratuite pour toutes, mais pas pour tous : elle sera remboursée pour les femmes jusqu’à 25 ans. Les hommes sont les grands oubliés de l’annonce faite par le gouvernement le jeudi 9 septembre. C’est ce que dénonce Le collectif NousToutes, mouvement féministe et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, qui qualifie la nouvelle mesure de « fausse bonne nouvelle », dans un post Instagram. NousToutes soulève des problèmes d’égalité des genres et dénonce une responsabilité de la contraception exclusivement féminine : « On trouve ça un peu absurde que la charge de la contraception repose à 100 % sur les femmes. Elles ne devraient pas être les seules à avoir la charge mentale et financière, après 25 ans, de la contraception ». Hormonales ou thermiques, elles sont peu utilisées et évoquées, pourtant les contraceptions masculines existent et sont reconnues par l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS). Le préservatif est la méthode contraceptive masculine la plus utilisée en France. La plupart du temps acheté en grande surface, aussi bien par les hommes que les femmes, elle n’est pas remboursée. Se protéger représente alors un coût important pour les jeunes, ce qui influe sur le choix du moyen de contraception et les pousse parfois à en faire l’impasse. C’est le cas d’Emma, 22 ans : « Je trouve le coût des préservatifs très élevé, ce qui m’a déjà freiné d’en acheter étant plus jeune. Je pense que c’est le cas de beaucoup de personne et surtout des jeunes qui n’ont pas les moyens de mettre autant dans un paquet de préservatifs ». Pour être remboursée, la boite de préservatifs doit être prescrite par un médecin ou une sage-femme. Néanmoins, « Eden » et « Sortez couverts », sont deux marques de préservatifs que l’on peut trouver en pharmacie et qui ne coutent que deux euros la boite de douze.

Louise Bes