octobre 20

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La vaccination, une contrainte pour certains jeunes

Voilà presque un an que la vaccination a commencé en France, et les jeunes âgées de 18 ans et plus ont pu en bénéficier depuis ce mois de mai. Une campagne incitative qui est parfois ressentie comme une contrainte par ces derniers.

@ photo Unsplash

La campagne de vaccination fait parler d’elle. Les premières injections ne sont pas passés inaperçues dans les médias et si désormais le vaccin n’est pas obligatoire pour les jeunes, nombreux sont ceux qui se sentent contraints de le faire. Noémie à 18 ans, elle ne souhaite pas se faire vacciner et pourtant elle ressent une certaine oppression à ce niveau : « Imaginons que je veuille réaliser un stage, tout dépend où je veux le faire, je ne pourrais pas, car je ne suis pas vaccinée. Ça devient limite une qualification requise, comme le baccalauréat pour accéder à certaines choses ». Chez les 18-24 ans, déjà 88 % ont reçu au moins une dose et 83 % sont entièrement vaccinés, relate le ministère de la Santé et de la solidarité sur son site.

« pas obligatoire officiellement, mais officieusement »

Parmi ces jeunes vaccinés, certains sont convaincus par l’efficacité du vaccin pour enrayer la pandémie, d’autres n’y voient que de l’incohérence. Ces prises de position représentent l’avis de nombreux jeunes, mais pour certains, le choix est plus difficile. À 19 ans, Tifenn n’est pas pour l’idée de se faire vacciner et pourtant, elle vient de recevoir sa première dose : « Je pense que le vaccin est obligatoire, pas obligatoire officiellement, mais officieusement, c’est-à-dire que pour profiter de la vie, il faut être vacciné ». Se faire vacciner pour se sentir libre est l’une des premières motivations chez les jeunes. Beaucoup sont prêts à se faire vacciner pour éviter la contrainte des tests PCR ou antigénique à répétition : « L’état pousse à la vaccination en rendant les tests contraignants plus qu’autre chose, il faut y aller tous les trois jours pour pouvoir sortir quand on veut. En plus, ils vont devenir payants, donc je vais devoir finir par me faire vacciner puisque je n’aurai pas le budget de me faire tester à chaque fois » explique Tom, jeune étudiant. Jusqu’ici remboursés à 100% par l’assurance-maladie, les tests de dépistage, PCR et antigénique, deviendront payant pour les majeurs n’ayant pas de raison médicale valable. Pour se justifier, il sera nécessaire de présenter une prescription médicale pour les personnes non-vaccinées seulement.

« Je ne peux pas faire le sport que je veux »

Si les autorités de santé incitent fortement à la vaccination, celle-ci n’est pas obligatoire pour les jeunes. Mais pour accéder à de nombreuses activités extra-scolaires, la tache devient difficile sans pass sanitaire : « Je ne peux pas m’inscrire au tennis, car je n’ai pas de pass sanitaire pour l’année. C’est vraiment embêtant, car je ne peux pas faire le sport que je voudrais, ou alors si, mais il faut que je me fasse vacciné » confie Noémie. Une mesure sanitaire appliquée au cas par cas par les fédérations sportives ; même si l’État en est à l’origine, les conséquences ne dépendent pas directement de sa seule responsabilité.

Elodie Inacio