octobre 22

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Sur le site de Bastide Rouge, des espaces verts pour « envelopper les monstres de béton »

À première vue, la végétation parait clairsemée aux abords du nouveau campus universitaire de Cannes. Si le temps devrait changer les modestes pousses en de luxuriants bosquets, il reste que peu d’arbres ombragent le parvis, ou abritent du soleil qui se réfracte sur le blanc du béton.

Au pied du Cineum, des agapanthes attendent d’être mises en terre (Photo : Eden Armant-Jacquemin)

David contre Goliath

Sur le talus à demi nu qui se fraie un chemin au bord du parvis bétonné, une ouvrière paysagiste s’affaire devant une rangée de vivaces. « Notre travail permet d’envelopper ces monstres de béton en apportant de la rondeur commente Claire Dai, « petite main » de l’entreprise niçoise Idverde, Un peu de nature, c’est le minimum ! »

Avec une surface de 7108 m², 10 000 plantes et plus de 200 arbres, les espaces verts ont été pensés pour agrémenter les abords du Cineum (9 400 m2) et du campus George Méliès (4 445 m2). Mais au pied des bâtiments, le contraste entre les imposants bâtiments et la modeste part végétale laisse perplexe de nombreux étudiants.

Optimiser la verdure

La ville de Cannes cherche pourtant à optimiser ces espaces verts. Un paillage de BRF (bois raméal fragmenté) a été disposé au pied des plantes, pour « maintenir le sol humide en empêchant l’évaporation, éviter le ruissellement sur le talus et abriter les plantes, qui, ici, sont très exposées au vent » explique Thomas Rouiller, chef de chantier.

Un système d’arrosage automatique a aussi été installé, équipé d’un pluviomètre distribuant aux plantes leur juste ration d’eau. « C’est des économies à la fois en eau et en énergie. On en a mis des kilomètres! » souligne Claire Dai, heureuse de voir que des vers de terre, signes d’un bon équilibre biologique, ont déjà élu domicile dans les plates-bandes.

Le pot de fer contre le ver de terre

Les avantages de la présence d’espaces verts en ville ne sont plus à démontrer. De la lutte contre l’imperméabilisation des sols à la création de puits de fraîcheur, la végétation est plus efficace en ville que n’importe quel mobilier urbain.

Depuis la loi Allure, chaque PLU (plan local d’urbanisme) a les moyens de concrétiser ces cycles vertueux. D’après le code de l’urbanisme (article L151-22), une « part minimale de surfaces non imperméabilisées ou éco-aménageables » aussi appelée « coefficient de biotope » peut ainsi être imposée pour inclure la biodiversité et la nature en ville. D’autres leviers, notamment associatifs, permettent de verdir les espaces de vie, comme le rapporte Le Monde dans un article dédié à la végétalisation des campus. De quoi inspirer les étudiants sur le nouveau campus, en attendant de voir d’autres formes de vie investir les lieux.

Eden Armant-Jacquemin