Nicolas Hulot sort par la petite porte aux Assises Internationales du journalisme

L’ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot a été chahuté ce mercredi 29 septembre à Tours. Plusieurs militantes féministes sont venues lui réclamer des comptes sur scène.

Avant d’entrer sur le ring, Nicolas Hulot s’était préparé. Il les attendait et les féministes ont bien répondu présentes mercredi 29 septembre à Tours. Les militantes se sont déjà réparties dans la salle, lorsque Nicolas Hulot arrive sur scène pour discuter urgence climatique et sanitaire. Pancarte à la main, elles n’attendent qu’une chose, la première prise de parole de l’ancien ministre de la Transition écologique. « Les faits dénoncés en tout état de cause n’apparaissent en aucun cas établis. Cela a été jugé par la justice », s’est immédiatement défendu l’écologiste.

Le collectif féministe Nous Toutes est venu interrompre une conférence aux Assises du journalisme de Tours dénonçant la présence de Nicolas Hulot, ALEXANDRE ORI.

Dans le viseur des activistes, une plainte pour viol qui remonte à la fin des années 1990 et qui a été classée sans suite le 30 octobre 2008. « On est pour la parole des victimes et on est fatiguées. Ce n’est pas seulement une plainte qui a lieu, non, on a des témoignages de femmes victimes de viol », s’exclame une militante dans la salle.

« Ne pas laisser des personnes accusées de viol sur scène »

C’est sur la question de la prescription que les féministes ont souhaité s’appuyer. « On parle de responsabilité journalistique sur cette conférence et nous on parle de responsabilité civile et citoyenne d’informer les gens de ce qu’il se passe, de ne pas laisser des personnes accusées de viols sur la scène », souligne Charlène, membre du collectif Nous Toutes. Devant les portes de l’amphithéâtre, les féministes ont continué à faire entendre leurs voix. Jusqu’à pousser Nicolas Hulot à quitter la conférence.

Il se lève de son siège et prononce ces mots. « Je suis venu ici la tête haute, je repars la tête haute, mais je ne resterai pas dans cette soirée parce le climat ne s’y prête pas en ce qui me concerne. J’avais effectivement beaucoup de choses à dire, mais je sais que vos expériences et vos regards combleront largement mon départ. » Sous les applaudissements de la salle, Nicolas Hulot s’efface sans avoir réellement discuté ni écologie, ni justice.

Tom TRICHEREAU