novembre 19

La seringue au GHB : une explosion des cas qui inquiète 

Laisser son verre sans surveillance peut avoir des conséquences dramatiques. Le GHB, aussi appelé « drogue du violeur », est au cœur des conversations sur la toile ces derniers mois. Témoignages, messages d’alerte et de prévention poussent les consommateurs à surveiller leurs verres. Pourtant depuis quelques semaines, c’est une nouvelle manière de droguer les victimes qui inquiète les jeunes : les seringues de GHB.

La drogue, glissée dans les verres, est une manière plus courante que la seringue – DR Midi Libre

Une nouvelle vague de panique envahit les réseaux sociaux depuis quelques semaines : après le GHB glissé dans les verres, des victimes témoignent avoir été droguées à la seringue. Un mode opératoire discret pour les agresseurs qui injectent la drogue au travers des vêtements. La piqûre est presque indolore ou comparable à celle d’un moustique. La seringue présente également un risque sanitaire : si le matériel n’est pas stérile, la victime est exposée à un risque d’infection. Difficile cependant pour celle-ci de prouver avoir été droguée, car le plus souvent, la substance a quitté l’organisme lorsqu’elle réalise des examens. Ce n’est cependant pas le cas de Justine* (les prénoms sont modifiés pour conserver l’anonymat des victimes et de leurs proches), étudiante à Angers, hospitalisée à la suite d’une soirée. Son ami, présent ce soir-là, explique les effets de cette drogue : « Justine a eu un gros coup de fatigue et la tête qui tourne. Elle nous disait être trop bourrée, pourtant elle était très blanche avec le regard vide. Elle n’avait pas de force et se sentait affreusement mal. » Amenée à temps à l’hôpital, les médecins ont confirmé, elle a été droguée par seringue. « Elle est restée la nuit et la journée entière sous perfusion. » Justine était accompagnée ce soir-là, mais ce n’est pas le cas de tous. De nombreuses victimes subissent des violences (vol, agression ou viol) après avoir été droguées au GHB. 

« Je ne vois pas de solutions pour éviter ça »

Ce phénomène touche à 94 % les femmes (selon un sondage de DBSP) mais les hommes, victimes de ces agressions, ne se sentent plus en sécurité. C’est le cas d’Olivier*, habitant d’Angers qui raconte sa soirée : « On part en bar, je bois deux bières là-bas et on décale dans une boîte. J’ai apparemment fini la soirée dans une autre boîte et je serais rentré seul en voiture. Je me suis réveillé le lendemain à 14h30 malgré mes sept réveils et les multiples appels de mes patrons. » Ses derniers souvenirs remontent au bar. « Une fille avec qui j’avais passé le début de soirée a fait un blackout aussi. Quelques jours après, des post sur les réseaux préconisaient de faire attention en boîte, après que plusieurs personnes avaient été droguées à la seringue sur ma ville. »

Si les capotes de verre sont une solution pour éviter de glisser la drogue dans le verre, pour la seringue cela semble plus compliqué : « Je ne vois pas de solutions pour éviter ça. Autant il est « facile » de surveiller son verre pour pas qu’on mette un truc dedans, autant, faire attention à chaque personne qui passe à côté de nous, ça semble très compliqué », se désespère Olivier. À la suite de ces témoignages, le #Balancetonbar a été créé par un collectif féministe. Ils appellent au boycott des bars et des boîtes de nuit partout en France, tant qu’aucune mesure ne sera envisagée par les enseignes pour protéger leurs clients. Louise Bes