novembre 24

Le monde de la nuit dans le viseur du #BalanceTonBar

Avec le #BalanceTonBar, le secteur de la fête nocturne est mis à mal. Né en Belgique, le mouvement recueille de plus en plus de témoignages, dénonçant l’inactivité d’un milieu dangereux.

Après #MeToo, #BalanceTonPorc ou encore #BalanceTaRedac, le mouvement #BalanceTonBar fait parler de lui sur les réseaux sociaux. Depuis sa création mi-octobre en Belgique, les témoignages affluent : drogue dans les verres, agressions sexuelles… Une manifestation organisée par un collectif féministe à Bruxelles a réuni plusieurs centaines de personnes le 12 novembre pour dénoncer l’inaction des lieux de fête nocturne. Un appel au boycottage des bars a été lancé le soir même.

Premiers témoignages à Cannes

À la suite de la création du premier compte Instagram, de nombreux ont suivi, dans plus d’une dizaine de villes en France. Montpellier, Nantes, Toulouse… « On ne se connaît pas, on a créé un groupe sur lequel on peut échanger » explique Alice* , qui gère le compte Balance Ton Bar Cannes. Originaire de la région, la jeune femme a créé le compte il y a trois semaines. « J’ai voulu représenter Cannes, étant donné que je suis ici depuis petite. Il se passe des choses très sombres parfois, encore plus pendant le festival du film ». Les paroles sont recueillies anonymement, et des numéros et adresses utiles sont mis à disposition en story à la Une sur Instagram.

Deux témoignages ont déjà été publiés à propos du Barrel, un bar situé dans le quartier du Carré d’Or, à Cannes : « Le Barrel est un nid de serpents où le staff et la plupart des clients laissent tout passer » affirme l’un deux, de manière anonyme.

Les histoires sont glaçantes et reçoivent rapidement une réponse de la part des concernés, qui annoncent la mise en place du système Angela : si quelqu’un ne se sent pas en sécurité, il peut obtenir de l’aide en demandant au bar à parler à Angela. Mais cela n’est pas suffisant pour Alice : « J’aimerais juste me sentir en sécurité quand je sors, pouvoir lâcher prise et danser sans devoir me protéger, parce que je sais que le bar dans lequel je me trouve me protège déjà ».

661 cas de soumission chimique recensés en 2019

Le lancement de ce mouvement va de paire avec la hausse des cas de soumission chimique comme celle au GHB, drogue dite « du violeur ». D’après le réseau français d’addictovigilance, en 2019, 661 cas de soumission chimique ont été notifiés par diverses structures médico-judiciaires. La prédominance féminine des victimes est prouvée, mais les hommes sont aussi concernés, contrairement aux croyances communes.

Juliette BUJKO

*le prénom a été modifié pour une question d’anonymat