novembre 24

Nicaragua : sans aucune surprise, des élections controversées

Ce 7 novembre se sont déroulées les élections présidentielles au Nicaragua. Des élections, loin d’être passées inaperçues. Daniel Ortega a été réélu, pour la quatrième fois, mais les résultats du scrutin posent problème. Seule une toute petite partie de la population se serait déplacée jusqu’aux urnes et les opposants politiques ont été écartés.

Daniel Ortega est élu pour la quatrième fois au poste de président du Nicaragua. (Image libre de droit disponible sur Flickr)

Les résultats sont tombés, Daniel Ortega est élu président. La participation serait pourtant très faible. Alors que le tribunal électoral a estimé la participation à 65,23 %, l’organisation Urnas Abierts, un observatoire proche de l’opposition, a calculé un taux d’abstention de 81,5 %, soit un taux de participation trois fois moins élevé. Selon le média indépendant Divergentes, le régime de Daniel Ortega a même organisé des opérations « Repela ». Ces opérations consistent à emmener des électeurs dans les bureaux de vote pour faire augmenter la participation. Certaines personnes ont pu obtenir 400 cordobas (la monnaie du pays), soit presque 10 euros, pour aller voter.

Élimination de l’opposition

Depuis le mois de mai 2021, les opposants d’Ortega sont arrêtés un à un. Amnesty international indique qu’au Nicaragua « 39 personnes identifiées comme des opposants au gouvernement ont été victimes d’arrestations injustes. Certaines de ces personnes ont été soumises à une disparition forcée pendant quelque temps et placées en détention au secret pendant plusieurs mois ». Parmi eux, se trouvent sept candidats à la présidentielle dont Arturo Cruz ou Cristiana Chamorro, fille de Violeta Barrios, présidente du Nicaragua de 1990 à 1997. Le régime s’en est aussi pris aux journalistes. Le média La Prensa, opposé à la politique de Daniel Ortega, a vu ses locaux fermés par le régime en août 2021. L’accès au pays a d’ailleurs été interdit aux journalistes étrangers qui souhaitaient venir couvrir les élections.

Des réactions à l’étranger

À l’international, les institutions ne sont pas restées impassibles face à la réélection de Daniel Ortega. Le conseil de l’Union européenne a déclaré : « Ortega a éliminé toute concurrence électorale crédible, privant ainsi la population nicaraguayenne de son droit à élire librement ses représentants » et « les autorités nicaraguayennes doivent rétablir le plein respect des droits de l’homme, y compris des droits civils et politiques ». Les pouvoirs proches du régime d’Ortega ont, eux, pris la défense du président face aux différentes accusations comme celle des Etats-Unis. « Quand la Maison Blanche a refusé de reconnaître et a appelé les autres pays à faire la même chose. Nous considérons cela comme inacceptable et condamnons une telle politique » a déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères.

Clara Besnard